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Ottawa investira 100 millions $ pour un projet éolien marin en Nouvelle-Écosse

Ottawa investira 100 millions $ pour un projet éolien marin en Nouvelle-Écosse
Photo: La Presse Canadienne, 2026

DARTMOUTH — Le gouvernement fédéral s'engage à investir 100 millions $ dans le développement d'un projet d'énergie éolienne en mer en Nouvelle-Écosse, susceptible d'alimenter en électricité des foyers et des entreprises au Québec, en Ontario et en Nouvelle-Angleterre.

Le ministre fédéral de l’Énergie, Tim Hodgson, emmitouflé dans un manteau d’hiver et tenant fermement ses notes de discours, a fait face à des rafales venant de l'Atlantique lors de son annonce à l'extérieur concernant Wind West, qui pourrait devenir le premier projet éolien marin du Canada.

S’il est approuvé, la première phase du projet, d’un montant de 60 milliards $, pourrait produire cinq gigawatts d’électricité dès 2033, soit bien plus que les 2,4 gigawatts dont la Nouvelle-Écosse a besoin pour alimenter l’ensemble de la province.

«Même avec un tel niveau d’ambition, le projet pourrait fournir de l’électricité à jusqu’à 1,5 million de foyers ici au Canada», a déclaré M. Hodgson lors de la conférence de presse organisée sur un quai situé à l’est du port d’Halifax. «Cela représente trois fois le nombre de foyers en Nouvelle-Écosse et offre une incroyable opportunité d’exportation pour Nova Scotia Power.»

Environ 5 millions $ de financement fédéral serviront à déployer un réseau de lidars flottants – des bouées équipées de dispositifs de télédétection par laser – afin de mesurer les vitesses du vent en mer et les conditions océaniques. De plus, 3 millions $ supplémentaires permettront d’étendre la modélisation pour y inclure des plans de lignes de transport d’électricité vers le Québec et l’Ontario, ainsi que des études sous-marines pour le tracé éventuel des câbles.

Le ministre Hodgson a indiqué que le reste des fonds sera consacré à des forages sous-marins au cours de l’année à venir afin de recueillir des informations sur l’état des fonds marins.

«Si nous réalisons ces travaux en amont et que nous mettons les résultats à la disposition de tous les soumissionnaires potentiels, cela leur permettra de mieux connaître le milieu sous-marin et d’estimer les coûts, ce qui nous permettra d’obtenir de meilleures offres», a-t-il affirmé.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, qui demande depuis longtemps à Ottawa de contribuer aux coûts du projet Wind West, a soutenu que ce financement permettra de réduire d’au moins un an les délais de développement et devrait renforcer la confiance des promoteurs potentiels.

Les responsables provinciaux ont dit que le projet Wind West pourrait produire 60 gigawatts d’électricité si toutes les phases étaient menées à bien. Sur les 5 gigawatts de la première phase, environ 40 milliards $ sont consacrés aux infrastructures des éoliennes, tandis que 20 milliards $ supplémentaires sont destinés aux projets de transport d’électricité.

«Avant que les gens ne commencent à signer des chèques de plusieurs milliards de dollars, ils ont besoin de données plus concrètes; nous allons les obtenir et les partager avec eux», a fait valoir le premier ministre.

M. Houston a dit que l’électricité excédentaire produite pourrait couvrir 27 % de la demande totale du Canada. Le Québec et le Massachusetts ont déjà manifesté leur intérêt pour l’achat d’électricité issue de ce projet.

Wind West s’inscrit dans le cadre de la Stratégie énergétique du Canada atlantique, qui a été soumise au Bureau des grands projets d’Ottawa.

M. Hodgson a déclaré jeudi que le gouvernement fédéral considérait le Canada atlantique comme un écosystème énergétique unique et qu’il s’efforçait de mettre en place un opérateur du réseau électrique pour les Maritimes.

Cela permettrait de relier, via des lignes de transport à haute tension, le Québec et l’Île-du-Prince-Édouard au projet énergétique en mer de la Nouvelle-Écosse, ainsi qu’à l’énergie éolienne et nucléaire du Nouveau-Brunswick et à l’hydroélectricité de Terre-Neuve-et-Labrador.

«Cela permet aux provinces de partager ces ressources renouvelables, ce qui évite de devoir construire des installations en excès dans chaque province, a expliqué le ministre. Cela permet à chaque province de tirer parti des ressources naturelles particulières dont elle dispose et de les partager à l’échelle de la région.»

Le gouvernement fédéral a indiqué que plus de 80 % de l’électricité canadienne provient déjà de sources renouvelables — telles que l’énergie solaire, hydroélectrique, nucléaire et éolienne — mais Ottawa a essuyé des critiques de la part des associations environnementales concernant sa décision de donner la priorité aux projets conventionnels liés au pétrole et au gaz.

Par exemple, la stratégie électrique d’Ottawa dévoilée en mai vise à doubler la capacité du réseau électrique canadien, dont l’un des éléments clés consisterait à tirer parti du développement du gaz naturel.

Clean Energy Canada, un groupe de réflexion de l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique, avait soutenu à ce moment que cette stratégie «surestimait le rôle du gaz naturel et sous-estimait les avantages à long terme de l’énergie propre en matière de sécurité énergétique et d’accessibilité financière».

— Avec des informations de Nick Murray, à Ottawa

Devin Stevens, La Presse Canadienne