Les syndicats n'aident pas à la réputation de Trois-Rivières et Shawinigan
Les syndicats de la région sont-ils conscients de la réalité? Comment peuvent-ils mener leurs troupes dans une grève ou se donner des mandats de grève au moment où l'économique peine à reprendre son souffle, au moment où la situation économique aux États-Unis tire sérieusement de la patte? Sondage exclusif.
Deux personnes sur trois estiment que les problèmes de relation de travail vécus dans des entreprises d'ici affectent la réputation de nos deux principales villes, Trois-Rivières et Shawinigan. Affectent la réputation, mais pas auprès de n'importe qui : les entrepreneurs et les investisseurs.
Voilà ce que révèle un sondage mené par Cible Recherche pour le compte de L'Écho de Trois-Rivières et TVA. L'enquête a été menée à la mi-août auprès de plus de 500 personnes. La question : les syndicats sont-ils enfermés dans leur bulle?
Plusieurs conflits de travail ont marqué l'année, - on pense à l'Hôtel Sacacomie, aux concessionnaires Nissan, Chevrolet -, d'autres sont imminents tels chez Kruger et d'autres sommeillent comme à ABI de Bécancour. Ces problèmes viennent affecter sérieusement la réputation de la région.
Même son de cloche chez les syndiqués
Trois-Rivières et Shawinigan ont été dans le passé des villes industrielles avec un passé syndical assez lourd. Par exemple, le taux de syndicalisation à Trois-Rivières est de 60 pour cent alors que la moyenne québécoise est de 40 pour cent. Cela n'empêche pas que les travailleurs syndiqués eux-mêmes ou ceux qui l'ont déjà été croient que les problèmes de relations de travail affectent la réputation de la région.
La majorité des répondants, soit 82 pour cent, estiment par ailleurs que des mandats de grève, comme celui donné à 90 pour cent par les travailleurs de la Kruger, vont nuire justement à l'entreprise.
Et la relance, elle?
Le sondage révèle également que 56 pour cent des gens croient que ce sont les entrepreneurs privés qui sont les « mieux placés » pour assurer la relance de l'économie de Trois-Rivières et de Shawinigan. 26 pour cent trouvent que ce sont les élus municipaux qui sont les « mieux placés ».
Selon Jean Laroche, directeur général de Cible Recherche, la réalité est plutôt paradoxale. « On place la relance entre les mains des investisseurs privés potentiellement de l'extérieur, comme des Kruger, note-t-il, mais en même temps on assiste à des conflits de travail qui ont un impact négatif sur la perception des investisseurs ».
Les syndicats blâmés?
Selon le sondage, 42 pour cent des gens sont d'avis que les syndicats ont « un impact négatif sur le développement économique », 29 pour cent trouvent qu'ils ont un impact positif et autant estiment qu'ils n'ont pas d'impact du tout.
La majorité, soit 69 pour cent, croit également que les conflits de travail ont un impact très important ou important sur le développement économique régional..
Malgré cet impact négatif, 61 pour cent des gens sont favorables aux syndicats. Autre paradoxe?
Les entrevues téléphoniques ont été réalisées à partir de la centrale téléphonique informatisée de Cible Recherche les 15 et 17 août 2011.
Au total, 503 personnes ont participé au sondage. Ils ont été répartis selon la population des deux villes, soit 277 à Trois-Rivières (130 373 habitants) et 226 à Shawinigan (50 784 habitants). De plus, le sondeur a réparti proportionnellement les répondants selon les secteurs de la ville. La marge d'erreur globale est de + ou - 4,4 % 19 fois sur 20.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les distilleries seront les plus touchées par l'interdiction sur l'alcool canadien
Les distilleries et les producteurs de spiritueux risquent d’être les plus durement touchés parmi les producteurs d’alcool canadiens, les États-Unis ayant proposé une interdiction générale des alcools canadiens à compter de la fin de ce mois. Craig Johnston, économiste en chef chez Financement agricole Canada, a indiqué que les ...
LIRE LA SUITE
Revoir le Code du bâtiment pour contrer les effets de la chaleur sur les travailleurs
Baisse de motivation, déshydratation, fatigue: les travailleurs québécois subissent les effets de la chaleur, montre un nouveau sondage. La Coalition québécoise pour un droit à la fraîcheur demande aux décideurs d'adopter une stratégie de refroidissement responsable. Dans cette stratégie, il serait notamment question d'adapter le Code du ...
LIRE LA SUITE
Droits de douane: un certain temps avant de voir les hausses de prix
Les droits de douane de rétorsion imposés par le Canada sur les produits américains sont désormais en vigueur, mais, selon des experts du commerce de détail, il faudra un certain temps avant que les consommateurs canadiens ne constatent une hausse des prix sur les tablettes des magasins. Matt Poirier, du Conseil canadien du commerce de détail, ...
LIRE LA SUITE