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Saint-Élie-de-Caxton rêve au rythme d’Ésimésac

TROIS-RIVIÈRES - 

Le long métrage Ésimésac est la seconde incursion de Luc Picard dans l’univers des contes de Fred Pellerin. Il a été présenté en avant-première à l’église de Saint-Élie-de-Caxton lundi soir, en présence des acteurs et des artisans du film.

Avec Ésimésac, on replonge dans l’univers imaginaire du conteur caxtonien. Plusieurs personnages de Babine reviennent, notamment le marchand Toussaint Brodeur et le coiffeur Méo Bellemare, dans un cadre plus dramatique cette fois.

Le personnage d’Ésimésac est le nouvel homme fort du village. C’est un enfant dans un corps d’adulte. Il est né sans ombre et il a le cœur sur la main. Le jeune homme tente de sortir son patelin de la misère en créant un jardin communautaire. Toutefois, l’appât de gain individuel plane au-dessus de la collectivité avec l’arrivée possible d’une gare à Saint-Élie-de-Caxton.

Que du vrai

L’histoire se déroule dans un temps ancien indéterminé, quelque part entre le XIXe siècle et le krach de 1929, mais on y sent une réelle émotion des personnages qui vient chercher le spectateur. Le film propose une réflexion sur la société actuelle, en rappelant le pouvoir de la force du nombre.

« Depuis la mondialisation, l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit. Le conte, c’est l’espoir d’arrêter la machine avant qu’elle ne te passe sur le corps, explique le réalisateur, Luc Picard. La société est de plus en plus individualiste. Au fond, le bonheur vient du fait de partager des choses ensemble. »

Bien qu’on puisse situer le film à la frontière du fantastique et de la légende, tout est vrai, selon Fred Pellerin. « Tout est vrai, c’est inspiré de l’histoire du village. C’est le traitement que j’en fais qui est imaginaire. Il faut dire que la réalité est un peu folle ici parfois », confie le conteur, tout en pointant du doigt des édifices de Saint-Élie qui font partie de son histoire.

Une jeune actrice qui impressionne

La jeune Sophie Nélisse interprète Marie, la petite sœur d’Ésimésac. On l’a connu notamment dans le rôle de Zoé dans Monsieur Lazhar, rôle qui lui a valu un prix Génie. Elle vole la vedette grâce à sa touchante interprétation.

« Marie existait dans Babine, mais elle n’avait pas un aussi gros rôle. Dans Ésimésac, elle prend beaucoup de place. Tout le monde se met en équipe autour d’elle », souligne la jeune fille, âgée de 12 ans seulement.

Une suite ?

Luc Picard ne ferme pas la porte à une suite de l’histoire d’Ésimésac et de sa petite sœur Marie. Il n’y a toutefois rien de prévu à l’heure actuelle. Quant à Fred Pellerin, il ne demande que ça. « J’ai plein d’idées, on peut s’attendre à 40 films », annonce-t-il en ricanant.

Ésimésac prendra l’affiche dans plusieurs salles au Québec le 30 novembre prochain.

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