« Loops »: un voyage de la rue à la scène
(La pièce « Loops » est présentée le samedi 22 novembre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau à 20h)
Le métro fait partie du quotidien de beaucoup de Québécois. On le prend pour aller au boulot, pour se rendre à une rencontre, pour se diriger vers l'école, pour une entrevue particulière, pour participer au Marathon de Montréal, pour ne pas avoir à se casser la tête pour trouver un stationnement, bref! Ce moyen de transport qui est présent dans toutes les sphères de notre vie à inspirer Ismaël Mouaraki, un franco-marocain français, ayant immigré au Québec en 2000, pour la création de sa pièce « Loops ».
Ismaël Mouaraki est un danseur urbain. Son terrain de jeu pendant des années: LE métro, avec les particularités de chaque station.
C'est ce qui l'a inspiré en 2008 lors de la création de Loops. Durant six à sept mois, ses danseurs urbains mélangés à ses danseurs contemporains ont dansé dans le métro pour s'imprégner de son ambiance avant de monter sur la scène.
« La source est: qu'est-ce qui inspire les danses de rue. J'ai commencé en 1997 à danser dans le métro. C'est ce qui a été mon inspiration pour ma pièce. J'ai choisi des danseurs de rue et des danseurs contemporains. On leur fait partager une expérience commune selon leur esthétique, leur parcours, tout en s'écoutant et en partageant chacun notre terrain de jeu. On est toujours vu dans le métro. Dans un studio, entre quatre murs, c'est intime. On n'est pas regardé de la même façon. Dans le métro, ce n'est pas du tout la même manière d'exprimer son énergie. Tu dois toujours être allumé et t'inspirer de tout ce qui se passe », explique celui le propriétaire de Destins Croisés.
Briser le circuit, briser le « loops »
Assister à une performance dans son wagon de métro ne fait pas partie de notre quotidien. Plusieurs se plaisent à encourager les danseurs, tandis que d'autres ne dérogent pas de leurs pensées.
« Je m'imprime de ce qui se passe dans notre société de manière constante. Je parle beaucoup de l'identité. Il y a toujours un aspect social. Dans la pièce, nous sommes tous confrontés aux mêmes enjeux dans notre intimité ou dans notre société... Ici, la salle a 250 places. Les personnes présentes se considèrent comme des spectateurs mais, moi aussi je suis un spectateur qui voit cet échantillon de la société », évoque Ismaël Mouaraki qui s'ennuie de la spontanéité de la danse dans le métro.
« Loops » à New York
À noter que cette pièce a été jouée au Lincoln Center Institute de New York en 2012 durant deux semaines. Chaque soir, c'était salle comble. Lorsqu'il a reçu l'appel pour faire ce spectacle à New York, le chorégraphe a décidé de revoir quelque peu sa pièce afin de lui donner un second souffle. La création de « Loops » datait de 2008.
Prochain spectacle
La compagnie Destins Croisés s'envolera vers la France à la fin janvier pour présenter son tout nouveau spectacle « Lien(s) » qui se déroule dans une buanderie publique. Cette pièce qui traite notamment de la xénophobie sera présentée au Québec cet été.
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