Louis-Pier Noël témoigne à son procès
La première semaine du procès de Louis-Pier Noël, accusé du meurtre au second degré de sa conjointe, Édith Bolduc, s’est terminée avec l’interrogatoire du présumé meurtrier, vendredi.
La défense, représentée par Me David Grégoire et Me Pierre Spain, a finalement appelé son client à la barre, vendredi matin, repoussant ainsi le témoignage de son expert psychiatre à une date ultérieure.
Louis-Pier Noël a raconté en détails son adolescence difficile, tel que l’avait fait sa mère, France Dupont Noël, plus tôt dans la semaine. L’accusé a entre autres parlé d’un abus sexuel dont il aurait été victime dans son enfance, de sa consommation de drogues, de son diagnostic de schizophrénie et de ses nombreuses hallucinations auditives et visuelles.
Depuis l’âge de 15 ans, il a eu de nombreux ajustements de médication qui lui ont parfois occasionné des problèmes. «Ça ne sera jamais parfait à 100% dans ma tête, mais quand je prends ma médication, je fais des longs bouts où ça va bien», a relaté l’accusé.
Le drame
M. Noël a déclaré qu’il ne «prenait pratiquement plus sa médication» quelques semaines avant le drame. «J’ai recommencé à voir des ombres, à sentir des mauvaises présences qui passaient devant moi», a-t-il précisé.
C’est au terme d’une chicane qui a pris de l’ampleur, le soir du 1er octobre 2011, qu’Édith Bolduc a décidé d’appeler le 9-1-1 parce que son conjoint lui aurait fait des menaces. Après avoir dit à la victime de ne pas prendre le téléphone, Louis-Pier Noël a paniqué, selon ses propres paroles, puis s’est rendu au bloc de couteaux. Il aurait ensuite poignardé à mort la mère de son enfant. Le présumé meurtrier a été arrêté sur les lieux, à l’arrivée des policiers.
La victime avait déjà porté plainte contre Louis-Pier Noël pour des épisodes de violence conjugale. Il a d’ailleurs été accusé de trois chefs de voies de fait à l’endroit de Mme Bolduc, au printemps 2011.
Le procès
Le procès de l’homme de 28 ans a commencé le 4 novembre dernier, avec le témoignage des policiers qui se sont rendus au logement du couple, le 1er octobre 2011. Au terme d’un voir-dire, les déclarations faites par le prévenu au moment de son arrestation et l’interrogatoire vidéo de l’accusé ont été admis en preuve.
Entre autres déclarations, Louis-Pier Noël a mentionné aux agents de la Sécurité publique de Trois-Rivières «qu’ils arrivaient trop tard» et «que [celui-ci] avait tué (sa conjointe) parce qu’il fallait qu’il le fasse pour sauver son bébé».
Pendant la semaine, la défense a fait entendre trois témoins en plus de l’accusé. La thèse de la non-responsabilité criminelle est actuellement privilégiée par la défense, «qui conteste l’état d’esprit conscient de l’accusé».
Le procès reprendra le 9 décembre prochain, avec le contre-interrogatoire de Louis-Pier Noël. L’homme de 28 ans est passible d’une peine d’emprisonnement à perpétuité s’il est reconnu coupable.
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