Gentilly-2 : la FTQ torpille le gouvernement
Michel Arsenault, président de la FTQ, a déploré « l'incohérence » du gouvernement en matière de politique énergétique le 30 janvier devant la commission parlementaire sur l'après Gentilly-2.
Le président de la FTQ, Michel Arsenault, déplore l’«incohérence» du gouvernement Marois qui ferme la centrale nucléaire Gentilly-2 tout en investissant dans l’éolien et d’autres barrages dans un contexte de surplus énergétiques.
En commission parlementaire à Québec, M. Arsenault s’est dit «scandalisé», mercredi, rappelant que 700 travailleurs vont perdre leurs emplois bien rémunérés dans le Centre-du-Québec et la Mauricie. Il s’inquiète aussi des éventuelles mises à pied de 2000 employés d’Hydro-Québec à la grandeur de la province, annoncées par Québec.
«On est en surplus, mais on fait quand même des investissements, ça c’est un peu aberrant», a-t-il confié aux journalistes dans les minutes précédant son témoignage. M. Arsenault a fait référence à la mini-centrale hydroélectrique à Val-Jalbert au Lac-Saint-Jean et au plus grand projet de parc éolien au pays, qui verra le jour dans les MRC de Charlevoix et du Fjord-du-Saguenay.
Hydro-Québec paiera l’électricité produite par les 175 éoliennes à un taux d’environ 11 cents le kilowattheure, ce qui est nettement supérieur au prix de vente de 4 cents pour l’exportation. La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a rappelé qu’elle était en faveur de la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 malgré la non-rentabilité du projet puisque le coût de revient de l’électricité est évalué à 10,8 cents par la société d’État.
«C’est dommage… vous le savez, à la FTQ, on aurait préféré que ça demeure ouvert encore 25 ans. (Mais) force est de constater que la décision prise. Maintenant, notre préoccupation, c’est les travailleurs, il y a 700 travailleurs qui perdent leur emploi. Il y en a 60 ou 80 qui sont temporaires et les autres, c’est du déracinement. Ça, c’est un drame social», a-t-il martelé.
Mardi, la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a définitivement scellé le sort de la centrale nucléaire en répétant une énième fois que le gouvernement ne reculerait pas, malgré l'espoir qu'entretenaient toujours les libéraux et la mairesse de Bécancour Gaétane Désilets en se pointant au Salon rouge.
Dans un rapport déposé au mois d'octobre, Hydro-Québec avait recommandé la fermeture, indiquant que la réfection était injustifiable au plan financier. La société d'État estime que la poursuite de l’exploitation de la centrale nucléaire aurait généré un déficit annuel de 215 millions $ à partir de 2017. Le déclassement de la centrale est «déjà amorcé», avait indiqué mardi le PDG d'Hydro-Québec Thierry Vandal, rappelant qu'elle a cessé de produire de l'électricité à la fin du mois de décembre.
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