Entrevue avec Marcelle Girard
Chaque semaine, pendant la campagne électorale, L’Écho vous propose une entrevue avec un candidat à la mairie de Trois-Rivières.
1 Qu’est-ce que les Trifluviens ignorent à votre sujet et qu’ils devraient savoir?
J’ai l’impression que les Trifluviens ignorent pas mal de choses à mon sujet, car j’ai été absente de Trois-Rivières pendant plusieurs années. Je suis de Trois-Rivières, j’ai passé ma jeunesse à Trois-Rivières. J’y ai fait mon baccalauréat à l’université et après j’ai quitté pour aller travailler dans la fonction publique fédérale, provinciale et municipale. Je suis de retour depuis six ans à Trois-Rivières. Ce que les gens ignorent, c’est ce que j’ai fait durant tout ce temps-là. J’ai été présidente du Musée québécois de culture populaire durant plusieurs années et j’ai été très impliquée à la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières. Il y a un bout entre les deux que les Trifluviens ne connaissent pas, mais j’essaie d’en parler quand c’est le moment opportun.
2 À votre avis, quelles sont la plus grande force et la plus grande faiblesse de Trois-Rivières?
C’est sa vitalité culturelle. Je suis toujours étonnée qu’au niveau culturel et évènementiel, il y a véritablement un grand dynamiste extraordinaire sur lequel il faut miser. J’ai déjà dit que j’avais l’intention de maintenir ce qui allait bien et de renforcer ce qui allait moins bien. Sur le plan e la culture, des loisirs et des sports, ça va très bien. Il y a des équipements de loisirs, des beaux parcs. Il y a cet aspect-là qui, pour moi, démarque Trois-Rivières. Ce qui va moins bien, c’est que sur le plan économique, tous les indicateurs sont négatifs. Le taux d’assistance sociale est le plus élevé au Québec en Mauricie, à Trois-Rivières en particulier. On vient de dépasser les Îles-de-la-Madeleine, ce n’est pas peu dire. Sur le plan du chômage, on bat tous les records. On a des emplois qui sont de plus en plus précaires. Trois-Rivières était une ville de grandes industries et sa transformation n’a pas été faite. On ne s’est pas préparé à ça.
3 Parlez-nous des moyens que vous comptez prendre pour vous protéger des influences et pressions indues auxquelles sont souvent soumis les élus, et pour contrer toute forme de corruption?
Personnellement, je suis reconnue et j’ai toujours été reconnue comme une personne extrêmement intègre. Mes anciens collègues et patrons peuvent en certifier. Quand on travaille dans la fonction publique, on n’a pas le choix. Ça fait partie des règles du jeu. On ne doit pas prendre parti. La corruption est totalement interdite. On voit ça à Montréal ou Laval, mais dans les milieux où moi j’ai travaillé, il n’y en avait pas. Par contre, je vais m’assurer qu’on mette en place tous les mécanismes qui vont éviter copinage, collusion, corruption. Pour moi, ça va être tolérance zéro.
4 Si vous êtes élue maire le 3 novembre prochain, quelle sera la priorité numéro 1 pour laquelle vous compter vous mettre au travail dans les premiers jours de votre mandat?
Ma priorité numéro 1, c’est ce que j’ai appelé Horizon 20/20. C’est un vaste chantier de planification stratégique que je souhaite mettre en place dès mon élection. Ça veut dire interpeller tout le milieu: les élus, l’administration publique et toute la société civile, pour faire en sorte qu’on dessine ensemble la ville dont on rêve tous. Évidemment, cette priorité comprend des éléments de développement économique. Je pense que Trois-Rivières est à un point où elle doit chercher de nouvelles sources de revenus qui ne sont pas de la taxation, mais qui sont plutôt de l’ordre du développement: attirer des entreprises chez nous, développer le tourisme… l’autre volet, c’est de générer des économies. Horizon 20/20 va également toucher toute l’administration publique. Je veux travailler avec toutes ses sphères pour qu’on essaie de trouver d’autres façons de faire les choses de façon à économiser. Ça ne veut pas dire de congédier des gens. C’est juste de faire les choses autrement de façon à c qu’elle coute moins chère.
5 Comment pensez-vous pouvoir créer et maintenir un climat sain au conseil municipal?
Je suis une fille d’équipe. J’ai dirigé des grandes organisations. J’ai eu des postes avec une vingtaine de cadres supérieurs relevant de moi. J’ai été sur des comités de direction. Ça ne veut pas dire qu’il faut toujours être en accord. Ça veut dire qu’il faut aille ensemble dans la même direction. Pour faire ça, il faut quelqu’un qui est un leader et qui est capable de mobiliser les gens. Il faut surtout que les choses soient claires, car quand la vision est claire et que les gens l’adoptent, on marche ensemble dans la même direction. Moi, je ne suis pas une chicanière. J’ai détesté voir ce qui se passait au cours des dernières années.
6 Sur quel secteur de l’économie misez-vous pour créer des emplois?
Il va falloir travailler davantage au niveau du tourisme. Déjà, ça fonctionne bien, mais il y a des créneaux à mon avis qui ne sont pas exploités suffisamment. Ce que je souhaite, c’est qu’on n’est pas que du tourisme estival, mais du tourisme quatre saisons. Je souhaite aussi attirer des entreprises à Trois-Rivières. Oublions les grandes entreprises et les pâtes et papier. C’est fini ça, on ne va pas redévelopper ces entreprises-là. Donc, il faut avoir une autre vision des choses. Il faut aller chercher des entreprises de hautes technologies. Continuer de développer la grappe en aéronautique. Déjà, à l’aéroport, il y a des entreprises qui performent qui sont intéressantes. Il faut voir ce qu’on peut faire de plus.
7 Quelle évaluation faites-vous de l’état des infrastructures de la Ville de Trois-Rivières?
J’ai passé l’été à aller dans des fêtes de quartier, des rassemblements dans tous les districts. Je posais toujours la même question et j’obtenais les mêmes réponses. La question était: que changeriez-vous à Trois-Rivières? La réponse était les rues. Effectivement, on a mis beaucoup d’argent sur les infrastructures d’aqueduc, d’égouts, etc. C’est correct et il faut le faire, mais on a vraiment du travail à faire au niveau des rues. Il faut avoir un plan à long terme. Au cours des dernières semaines, on a fait du rapiéçage partout. On fait des bouts de rue, mais on ne fait jamais rien au complet. Ce n’est pas payant, car il faut recommencer constamment. Il faut faire les choses autrement.
8 Dans quelle sphère de l’administration municipale devrait-on investir davantage à Trois-Rivières et dans laquelle devrait-on réduire les budgets?
C’est compliqué cette question, car il faut être dans l’administration je pense pour être en mesure de bien cibler les zones où il y a des potentiels d’économie. C’est difficile. Je pourrais répondre n’importe quoi, mais ça ne me tente pas. Il y a toutefois un élément qui m’interpelle. C’est tout ce qui s’appelle corporation municipale. On a créé de nombreuses corporations au fil des ans qui sont dans le périmètre comptable de la Ville. Certaines sont subventionnées par la Ville, d’autres ont des revenus autonomes. C’est assez compliqué. C’est un élément que je souhaite revoir pour valider s’il y a un intérêt véritable pour la Ville de maintenir toutes ses corporations. Il n’y a pas de doutes sur certaines, mais il y en a d’autres que je m’interroge.
En rafale
Âge: 64 ans
Résidante de Trois-Rivières depuis: De retour depuis 6 ans
Profession: Consultante pour une compagnie de consultation en communication, marketing et développement stratégique
Expérience en politique: Aucune. Par contre, travailler 35 ans avec des politiciens, donc je comprends très bien les rouages politiques.
Plus grande difficulté surmontée: Conciliation travail-famille
Animal qui vous représente le mieux: Le bœuf et le taureau
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