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Entrevue avec Richard St-Germain

TROIS-RIVIÈRES - 

Chaque semaine, pendant la campagne électorale, L’Écho vous propose une entrevue avec un candidat à la mairie de Trois-Rivières.

1 Qu’est-ce que les Trifluviens ignorent à votre sujet et qu’ils devraient savoir?

Ils ignorent presque tout à mon sujet parce que je n’ai pas tenté de me faire connaître beaucoup depuis que je suis à Trois-Rivières. Je suis un gestionnaire sérieux qui a beaucoup de rigueur. C’est-ce qu’on va essayer de démontrer tout au long de la campagne.

J’ai beaucoup d’idées. Je ne suis pas né pour un petit pain. J’aime que les choses avancent alors on va présenter des grands projets. On est tous un peu fiers de ça chez Force 3R.

2 À votre avis, quelles sont la plus grande force et la plus grande faiblesse de Trois-Rivières?

Une de ses forces, c’est sa situation géographique. Trois-Rivières, c’est au centre habité du Québec. Dans plusieurs projets, ça constitue une force. Sa faiblesse, je dirais que c’est la tendance des dernières années. Beaucoup de pertes d’emplois dans le secteur industriel qui n’ont pas été remplacés par aucun autre secteur qui créerait de la richesse. On a construit, on a mis en place du béton, mais on n’a pas vraiment essayé de positionner Trois-Rivières avec les hautes technologies, par exemple, de dégager ses avantages concurrentiels par rapport aux autres villes du Québec. C’est un exercice qui n’a pas été fait depuis la fusion, ça n’a pas été tenté. Alors je pense qu’il faut aller dans ce côté-là, identifier les véritables enjeux économiques pour Trois-Rivières et faire en sorte que la ville se positionne. On verra ce que ça donnera après.

3 Parlez-nous des moyens que vous comptez prendre pour vous protéger des influences et pressions indues auxquelles sont souvent soumis les élus, et pour contrer toute forme de corruption?

Évidemment, il y a toute cette éthique qui devient un facteur important. Nous, une des valeurs fondamentales du parti, c’est la transparence. C’est soutenu aussi par l’intégrité de chacun de nos candidats.

Mais si les gens insistent, font des représentations évidentes, on va leur demander de s’enregistrer auprès du Commissaire au lobbyisme du Québec. Quand est-ce qu’un citoyen a le droit de se plaindre, de militer pour des éléments de sa rue? Comment il peut faire valoir son point de vue à la Ville sans qu’il devienne un lobbyiste, c’est ça qu’il faut trancher. Les valeurs qu’on met de l’avant, chez Force 3R, c’est l’écoute. Alors évidemment, on va écouter les citoyens. Mais à un moment donné, ça peut donner lieu à un certain lobby. Mais je pense qu’il faut faire confiance au jugement de nos candidats pour faire en sorte qu’on fasse la part des choses entre un lobbyiste et un citoyen qui veut se faire entendre. D’ailleurs, à cet égard-là, on propose la nomination d’un ombudsman, un protecteur du citoyen, pour faire en sorte que lui aussi puisse juger si c’est du cadre du lobby ou de la plainte du citoyen.

4 Si vous êtes élu maire le 3 novembre prochain, quelle sera la priorité numéro 1 pour laquelle vous compter vous mettre au travail dans les premiers jours de votre mandat.

Au lendemain du 3 novembre, ce qui va être le plus important pour nous, c’est de s’occuper du premier budget. Il faut présenter le budget dans les semaines qui suivent, alors c’est certainement là où on va mettre la main à la pâte. Essentiellement, on veut que l’exercice du budget soit extrêmement rigoureux. Notre premier exercice ne sera sûrement pas aussi profond que ce qu’on souhaiterait faire. Mais c’est certain qu’on va passer en revue plusieurs des éléments du budget pour s’assurer qu’il n’y a pas là de miettes, de gaspillage.

5 Comment pensez-vous pouvoir créer et maintenir un climat sain au conseil municipal?

On présente 10 candidats. C’est certain qu’entre nous, il y a une certaine harmonie, on aime travailler ensemble, on se rencontre déjà régulièrement. Alors il y a une équipe qui va faire en sorte qu’au niveau de l’harmonie, ça va s’améliorer.

Aussi, on va forcer les gens à faire un peu attention parce qu’on veut télédiffuser les débats. Alors les gens vont être capables d’évaluer l’intervention des citoyens, des conseillers, au niveau aussi des questions de la population et c’est certain que nous on veut se transformer un peu en pédagogues. On veut expliquer aux gens ce qu’on veut faire, on met en place des outils justement parce que la transparence, ce n’est pas seulement de laisser voir des choses qui peuvent être vues, mais c’est surtout de les divulguer. Si on a un intérêt à divulguer l’information, les gens vont avoir l’impression d’une réelle transparence, ce qui n’est pas le cas actuellement et loin de là.

6 Sur quel secteur de l’économie misez-vous pour créer des emplois?

La première place où on veut se positionner, c’est au niveau des hautes technologies. On aimerait créer une grappe technologique autour des centres de données. On a, à Trois-Rivières, quelque chose à offrir, au niveau énergétique entre autres. On a une énergie abondante, fiable et verte et un coût énergétique peu élevé. Nos compétiteurs ont un coût énergétique peu élevé, mais ils fabriquent de l’énergie à partir du charbon, ce qui n’est pas excellent pour l’environnement.

Le deuxième, c’est peut-être l’aspect touristique qui va se développer. Un des projets importants qu’on veut mettre de l’avant, c’est la revalorisation de la 138. Il faut absolument investir le long de la 138, à Pointe-du-Lac, Sainte-Marthe et au Cap-de-la-Madeleine. Il y a là des infrastructures importantes qu’on veut encourager et maintenir. Il y a des choses que les gens de Trois-Rivières oublient souvent et moi, ça me frappe parce que c’est extraordinaire comme emplacement, c’est le Sanctuaire. Qu’on soit religieux ou pas, il faut que les gouvernements interviennent pour que le Sanctuaire reste un joyau et que ça ne finisse pas comme l’Église Saint-Philippe, par exemple.

7 Quelle évaluation faites-vous de l’état des infrastructures de la Ville de Trois-Rivières?

Essentiellement, j’imagine qu’elles sont en bon état, on voit plein de travaux, mais je crois que quelque part dans le temps, quelqu’un a manqué de planification. Ce n’est pas normal qu’au Cap-de-la-Madeleine, les entrepreneurs ne puissent pas construire parce qu’il n’y a pas d’eau. On n’est pas capables d’amener d’eau potable sur les nouveaux projets de développement. Je trouve ça scandaleux. En termes de planification, il s’est certainement perdu quelque chose.

Un autre élément qui nous préoccupe beaucoup : à Sainte-Marthe, on avait une eau de grande qualité et tous les puits sont en train de fermer. Peut-être que le développement industriel a fait en sorte qu’on a épuisé la nappe d’eau et c’est regrettable. Quand on a accès à de l’eau potable de bonne qualité qui est naturelle, je pense qu’on devrait préserver ça. C’est certainement une des préoccupations des gens qui vivent à Sainte-Marthe.

8 Dans quelle sphère de l’administration municipale devrait-on investir davantage à Trois-Rivières et dans laquelle devrait-on réduire les budgets?

Je pense qu’il faut augmenter définitivement les budgets au niveau de la gestion. On va devoir mettre en place des gens qui sont habiles pour présenter de l’information financière. On ne pourra pas prendre de décisions éclairées si on ne met pas en place des techniques de comptabilité par activité. Ça va nous amener à prendre des décisions et dans ce sens-là, je veux qu’on investisse dans du personnel capable de produire ces informations-là.

Là où on devrait couper, je dirais que c'est assez difficile. Je pense qu'on va essayer de rationaliser tout le paramunicipal, les organismes qui dépensent beaucoup d’argent et qui vont même jusqu’à subventionner des événements que la Ville subventionne déjà. Ça me paraît un petit peu honteux, alors on va essayer d’éviter ça.

Je ne crois pas que moi, comme maire, j’aie un pouvoir de changer. Oui, je peux changer, mais j’ai surtout un pouvoir de supervision des choses, alors il faut que ce soient les fonctionnaires qui continuent à faire leur travail. Les postes sont apolitiques, on est là pour rendre un service à la population. Moi je serai là avec mon équipe pour diriger un peu à quels endroits on va offrir ces services-là. Mais essentiellement, ce sont des fonctionnaires municipaux qui vont continuer à donner des services à la population.

 

 

En rafale

Âge: 56 ans

Résidant de Trois-Rivières depuis: 2005

Profession: Comptable agréé pendant 25 ans, chef d’une petite entreprise présentement

Expérience en politique: Aucun mois, aucune année, mais j’ai cumulé des fonctions dans des organismes à caractère politique quand j’étais à Laval.

Plus grande difficulté surmontée: J’ai tout un défi à surmonter présentement: me faire connaître

Animal qui vous représente le mieux: Mon petit caniche

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