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Entrevue avec Yves Lévesque

TROIS-RIVIÈRES - 

Chaque semaine, pendant la campagne électorale, L’Écho vous propose une entrevue avec un candidat à la mairie de Trois-Rivières.

1 Qu’est-ce que les Trifluviens ignorent à votre sujet et qu’ils devraient savoir?

Pas grand-chose. S’il y a quelqu’un qui est transparent, c’est bien moi. Je me fais reprocher souvent par les gens près de moi d’être un livre ouvert, mais c’est important pour moi. C’est une priorité. Je ne veux pas que les gens votent sur une image ou sur une impression, mais sur la réalité. La réalité, c’est ce que vous voyez, ce que vous avez. La transparence, c’est ma marque de commerce.

2 À votre avis, quelles sont la plus grande force et la plus grande faiblesse de Trois-Rivières?

La plus grande force, c’est sa situation géographique. Le potentiel de Trois-Rivières, son environnement, avec les autoroutes, l’université et la villégiature à cinq minutes, ce sont des avantages incroyables pour le développement. La plus grande faiblesse, c’est l’esprit négatif à l’occasion sur certains projets. J’entends souvent: “c’est trop, on n’est pas capable, on n’a pas les moyens”.

3 Parlez-nous des moyens que vous comptez prendre pour vous protéger des influences et pressions indues auxquelles sont souvent soumis les élus, et pour contrer toute forme de corruption?

Les valeurs qui nous sont enseignées. On parle beaucoup d’éthique et de corruption. On aura beau mettre les meilleurs règlements au monde, malheureusement, de la corruption, il y en aura toujours. Ce qui est important, c’est d’avoir des gens qui ont des valeurs et des principes et qui vont gérer en fonction de ces valeurs et principes.

4 Si vous êtes élu maire le 3 novembre prochain, quelle sera la priorité numéro 1 pour laquelle vous compter vous mettre au travail dans les premiers jours de votre mandat?

Les gens me connaissent, ça fait 12 ans que je suis là. Il faut continuer ce qu’on a amorcé: développer Trois-Rivières et le sentiment de fierté de la population et réussir les projets qu’on a annoncés. Il y a des grands projets qui s’en viennent comme le District 55, Trois-Rivières sur Saint-Laurent, l’amphithéâtre et l’aéroport. Ma plus grande priorité, c’est tout ce qui touche l’économie. C’est difficile d’identifier un projet, mais je pense que quand tu as la fierté et la passion, tous les projets sont réalisables.

5 Comment pensez-vous pouvoir créer et maintenir un climat sain au conseil municipal?

À partir du moment où les gens ne vont pas au conseil pour des intérêts politiques, ça va. On y va pour les intérêts de la population et quand on gère en fonction de ça, on prend toujours les meilleures décisions. Malheureusement, certains amènent des ambitions politiques autour de la table et ça ne fonctionne pas. Moi, je n’ai jamais voté en fonction de mes intérêts, mais en fonction de ceux de la population. Si on est là pour la population, on va toujours s’entendre. Mais on n’a pas le contrôle sur les individus. Quand les gens font de la “petite politique”, c’est sûr qu’on ne s’entend pas. Quand tu vas en politique pour battre quelqu’un, tu n’y va pas pour les bonnes raisons.

6 Sur quel secteur de l’économie misez-vous pour créer des emplois?

Je pense qu’on ne crée pas d’emplois. Il faut mettre un environnement propice à la création d’emploi et ça passe par des investissements dans nos infrastructures, autant routières que culturelles ou sportives et dans nos parcs industriels. Il faut travailler en étroite collaboration avec nos gens d’affaires et nos institutions d’enseignement, qui sont d’ailleurs un pôle économique très impressionnant. L’économie du savoir est très importante. Depuis les 12 dernières années, nous sommes reconnus pour nos façons de faire. Il faut être audacieux, visionnaires, vouloir se démarquer et faire la différence. Quand les gens d’affaires nous disent qu’à Trois-Rivières c’est exemplaire sur la façon dont on traite les gens et les dossiers, je pense qu’on a livré la marchandise.

7 Quelle évaluation faites-vous de l’état des infrastructures de la Ville de Trois-Rivières?

Elles sont en meilleur état qu’en 2002 à tous les niveaux (bâtiments, égouts, flotte de véhicules, équipements sportifs, parcs). C’est un grand défi qu’on avait en 2002, de reprendre le contrôle de nos infrastructures. Je suis fier de dire qu’à Trois-Rivières, on est la ville qui investit le plus dans nos infrastructures, on l’a vu dans le dernier rapport de la vérificatrice générale. Est-ce qu’on est irresponsable de réparer notre maison? Non, c’est responsable. En 2002, on a dit: “c’est fini le pelletage vers l’avant, on prend nos responsabilités pour nos enfants et petits-enfants qui vont prendre notre place.” Nous avons réparé des équipements majeurs, comme l’usine de filtration, à la hauteur de 100 M$. Les gros morceaux d’infrastructures sont en train de se finaliser et ce qui s’en vient c’est le remboursement de nos emprunts. Il y en aura toujours à faire et on va toujours continuer à le faire en profitant au maximum des subventions qui sont disponibles.

8 Dans quelle sphère de l’administration municipale devrait-on investir davantage à Trois-Rivières et dans laquelle devrait-on réduire les budgets?

Ce sont des services qu’on donne à la population. Ce qu’il faut faire, c’est créer de la richesse et amener des nouveaux revenus. Et on l’a fait. À la fusion municipale en 2002, les six villes ensemble avaient une valeur foncière de 4,5 G$. En 12 ans, on a créé autant de valeur que dans les 375 dernières années en atteignant le cap du 3 G$ de plus. C’est ça qui est important. Et je tiens à dire qu’on coupe systématiquement, à toutes les années. Nos budgets de fonctionnement, qui englobent l’ensemble des opérations de la municipalité, soit 75 % du budget total, sont parmi les plus bas des grandes villes. C’est signe qu’on revoit nos façons de faire régulièrement. Ce serait une erreur monumentale de prendre les choses pour acquis. Chaque fois qu’on fait une dépense, il faut la reconsidérer et se demander si on pourrait faire mieux avec moins d’argent. On a réussi à maintenir nos services en réduisant nos coûts de fonctionnement et c’est tout à l’honneur de nos employés municipaux.

En rafale

Âge: 56

Résidant de Trois-Rivières depuis: 1984

Profession: je travaillais dans le domaine maritime.

Expérience en politique: 19 ans, dont 14 ans à la mairie

Plus grande difficulté surmontée: le cancer de mon garçon

Animal qui vous représente le mieux: ça dépend de la situation, je peux être un chaton ou un lion.

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