Commission Charbonneau: «Je n'ai jamais fait de financement» - Julie Boulet
L'ex-ministre Julie Boulet, à la barre de la Commission Charbonneau
À la grande surprise de la juge France Charbonneau, l’ex-ministre des Transports Julie Boulet a assuré qu’elle n’avait jamais entendu parler de l’objectif de financement de 100 000 $ qu’elle devait remplir quand elle était en poste.
Élue pour un sixième mandat consécutif dans la circonscription de Laviolette au printemps dernier, Mme Boulet est la première députée encore en poste à témoigner devant la commission Charbonneau.
Mercredi, ses explications n’ont semblé convaincre ni la juge, ni le commissaire Renaud Lachance, ni la procureure en chef, Me Sonia LeBel.
Après s’être présentée comme une personne «studieuse, rigoureuse, intègre et responsable», Mme Boulet a dû faire face aux questions insistantes de France Charbonneau lorsqu’elle a martelé qu’elle n’avait aucune idée du montant des contributions qu’elle récoltait chaque année lors de ses activités de financement.
«Vous dites que vous êtes rigoureuse et vous ne saviez pas combien vous ramassiez, ni combien vous coûtaient vos élections?» a relevé la juge.
Julie Boulet a assuré que non, et qu’elle n’était pas non plus au courant du fameux objectif de 100 000 $ que chaque ministre libéral devait remplir chaque année. «Vous êtes en politique depuis plus de 10 ans et vous n’avez aucune idée que vous aviez un objectif de 100 000 $ à ramasser?» s’est alors étonnée Me LeBel. Mais la témoin a maintenu sa position.
À trois reprises, Julie Boulet a atteint ce montant, mais elle a assuré que jamais personne ne lui avait mis de pression pour qu’elle y parvienne.
Elle a cependant confié, à la grande surprise de la commission, qu’elle connaissait les objectifs de financement des députés.
Jamais, jamais
Julie Boulet s’est bornée à répondre par la négative tout au long de son témoignage. Elle a affirmé qu’elle ne s’était jamais mêlée de financement politique, qu’elle n’avait jamais écarté un entrepreneur d’un contrat du MTQ et que les contributions politiques que ces derniers ont pu verser au fil des années n’avaient jamais influencé ses décisions.
«Je n’ai jamais fait de financement, je n’ai jamais vendu un billet ou une carte de membre. Jamais je n’ai téléphoné à quiconque pour avoir des sous», a-t-elle dit haut et fort.
Elle a même ajouté qu’elle ne connaissait pas l’identité des donateurs ni quels montants ces derniers versaient. «Je n’ai jamais fait la comptabilité de ça, ça ne faisait pas partie de mes tâches», s’est-elle encore une fois défendue.
Rencontre avec Marc Bibeau
Julie Boulet a également raconté que l’ex-responsable du financement du PLQ, Violette Trépanier, lui avait demandé de rencontrer Marc Bibeau, un homme d’affaires du milieu de la construction, reconnu pour avoir été l’ancien grand argentier du parti.
«C’était pour un dossier qu’il n’avait de toute évidence pas eu (...), un appel d’offres qui était sorti et qu’il n’avait pas eu», a-t-elle indiqué, sans pouvoir en dire davantage sur ce dossier. Elle doit poursuivre son témoignage jeudi.
L’Ordre des ingénieurs a fait son mea culpa après avoir entendu Karen Duhamel raconter à la commission Charbonneau qu’elle n’avait pas reçu son soutien lorsqu’elle avait dénoncé les magouilles de ses confrères sur le projet de l’autoroute 40. «Son témoignage ne restera pas lettre morte», a-t-il assuré par voie de communiqué.
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