Activités sur son territoire ancestral non cédé
Wemotaci met le gouvernement du Québec en demeure
Le CAW fait valoir que la mise en œuvre du régime forestier québécois, particulièrement sur le Wemotaci-Aski, est inconstitutionnelle et viole les obligations de consultation et d’accommodement qui incombent au gouvernement du Québec.
Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci (CAW), avec l’aval des chefs de territoire, a déposé jeudi un recours judiciaire en inconstitutionnalité du régime forestier québécois contre le gouvernement du Québec, notamment au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN), concernant l’émission de baux de villégiature sur son territoire ancestral non cédé.
Dans la mise en demeure, le CAW dénonce vigoureusement les processus de consultation, menés par les deux ministères, qui s’avèrent largement insuffisants pour s’acquitter des obligations constitutionnelles du Québec. Le MFFP a la charge de l’aménagement forestier et de la mise en œuvre des processus de consultations et d’accommodements avec les Premières Nations, tandis que le MERN gère les baux de villégiatures sur le Wemotaci-Aski (le territoire ancestral de Wemotaci).
Protection du territoire
Le recours judiciaire vise ainsi à protéger le territoire et à dénoncer les violations des droits, en plus d’amener le gouvernement du Québec à négocier les modalités d’un régime de gestion du territoire plus respectueux de la relation au Wemotaci-Aski.
« De notre point de vue, les consultations actuelles sont superficielles, les accommodements dérisoires, les effets cumulatifs ne sont jamais pris en considération et les mesures de conservation du territoire sont insuffisantes. L’ensemble des processus de consultation en cours ne sont que de la poudre aux yeux qui ne servent que les intérêts de Québec. Nous sommes consultés seulement en bout de piste alors que les décisions stratégiques ont déjà été prises. Le statu quo n’est plus acceptable et il est temps de revoir l’ensemble des processus », a déclaré François Néashit, chef du CAW.
Le CAW fait valoir que la mise en œuvre du régime forestier québécois, particulièrement sur le Wemotaci-Aski, est inconstitutionnelle et viole les obligations de consultation et d’accommodement qui incombent au gouvernement du Québec.
Les effets cumulatifs des nombreux projets de développement qui affectent le territoire ne sont jamais pris en considération alors que la détérioration de l’assise territoriale qui en résulte entrave l’exercice des droits ancestraux, incluant le titre. Les impacts des perturbations sur le territoire sont graves et menacent le maintien du mode de vie atikamekw des générations présentes et futures.
Les impacts
« Les impacts combinés des activités forestières et de l’octroi de baux de villégiature sur le Wemotaci-Aski menacent les capacités présentes et futures de nos membres à exercer leurs droits ancestraux, incluant leur titre. Le régime actuel contribue à une dépossession territoriale qui va à l’encontre des droits fondamentaux du CAW et de nos membres. Nous avons la ferme intention de faire valoir nos droits et de protéger notre territoire dans l’intérêt des générations à venir », a conclu le Chef Néashit.
Le CAW n’est pas contre l’exploitation forestière ni l’émission des baux de villégiature sur son territoire et ne vise aucune entreprise liée à l’exploitation forestière, mais il estime que tout développement doit cependant se faire dans le respect des droits, des valeurs et des intérêts de tous ses membres.
Le CAW espère que le gouvernement du Québec comprendra le sérieux de la démarche et l’invite à participer à la véritable négociation d’une entente de collaboration. Advenant que Québec fasse la sourde oreille ou que les négociations qui suivront ne sont pas satisfaisantes, la procédure introductive d’instance sera déposée au cours de l’année 2022.
La communauté de Wemotaci est située en Haute-Mauricie à 115 km au nord-ouest de La Tuque. Elle compte près de 1 800 membres inscrits, dont 1 400 résidents sur la communauté.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Mark Carney suggère que son projet de loi n'abaisse pas les normes environnementales
Le premier ministre Mark Carney a défendu jeudi, à la Chambre des communes, le projet de loi C-39 de son gouvernement visant à accélérer la réalisation de grands projets, laissant entendre qu'il n'est pas question, dans ce dossier, d'abaisser les «standards», notamment en matière de protection environnementale. La pièce législative, ...
LIRE LA SUITE
L'abandon de la politique relative aux parrainages fait l'objet d'une enquête
Le ministère de l'Immigration surveillera les éventuels effets négatifs d'une décision récente de ne pas prolonger une mesure qui accordait des dérogations en matière de parrainage pour l'obtention du statut de résident permanent à certains réfugiés, a indiqué mercredi la ministre de l'Immigration, Lena Diab. Cette mesure avait été ...
LIRE LA SUITE
Le Canada travaille avec des partenaires sur la sécurité de l'IA
Le ministre responsable de l'Intelligence artificielle, Evan Solomon, a affirmé mercredi que le Canada collaborait avec d'autres pays sur la sécurité de l'IA, mais a laissé entendre que le gouvernement ne jouait pas un rôle de premier plan sur la scène internationale. Le Canada figurait parmi les 20 pays qui ont publié mardi, lors de ...
LIRE LA SUITE