Arénas : La malbouffe là pour rester
Pierre Morin n'hésite pas à déguster une poutine avec ses enfants Carolann et Alexandre, lui qui est contre l'abolition de la malbouffe dans les arénas. Trois-Rivières le 25 septembre 2011. NICOLAS DUCHARME/L'ÉCHO DE TROIS-RIVIÈRES/AGENCE QMI
(Trois-Rivières) Si certaines villes ont emboîté le pas de la nourriture santé dans les arénas, ne vous attendez pas à ce que Trois-Rivières fasse de même. La poutine est là pour rester.
Du côté de la direction des loisirs et des services communautaires de la Ville de Trois-Rivières, on refuse d'imposer aux concessionnaires un menu plus santé. « Une telle avenue n'a pas été discutée. Notre position est qu'on favorise le libre-choix. Les concessionnaires peuvent proposer des menus santé mais nous ne les forçons pas », explique Michel Lemieux, directeur du service.
Dans les dernières années, des politiques en matière de santé dans les arénas ont été adoptées dans plusieurs municipalités du Québec, avec bien peu de succès. Entre autres, Québec, Lac Etchemin et Gatineau ont interdit la malbouffe dans leurs centres sportifs. Dans le cas des deux premiers, les municipalités ont dû faire volte-face parce que les revenus des exploitants des restaurants avaient chuté dramatiquement. Dans le cas de Gatineau, la mesure a finalement été remise à plus tard.
L'expérience fut un échec
Dans le cas de Trois-Rivières, les concessions sont opérées par des exploitants privés qui payent un loyer à la ville. Celle de l'aréna Jérôme-Cotnoir est dirigée par Rolland Manseau. Si les friteuses sont bien présentes dans les cuisines, des salades et des fruits font aussi partie du menu, avec bien peu de succès. « Je dirais que de la salade, des pommes et des bananes, on en perd plus qu'on en vend. »
Dans le passé, Monsieur Manseau a tenté l'expérience de présenter un menu sans malbouffe lors d'une unique fin de semaine. Les résultats furent révélateurs des habitudes de consommation des usagers. « La Ville me l'avait proposé, elle voulait voir si ça pourrait fonctionner. J'ai vendu deux pommes dans toute la journée, c'est tout. À l'aréna, les gens ne veulent pas manger santé, ils veulent leur poutine et leurs hot-dogs. »
Amateurs de frites et de fromage, ne craignez rien. Elle sera disponible pour encore longtemps dans les arénas de la Cité de Laviolette.
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