Les femmes violentées ne demandent pas plus d'aide après le meurtre
C est dans l appartement au rez-de-chaussée qu a eu lieu le meurtre d une dame de 26 ans. Trois-Rivières le 1er octobre 2011. NICOLAS DUCHARME/L'ÉCHO DE TROIS-RIVIÈRES/AGENCE QMI
Deux semaines après le meurtre survenu à Trois-Rivières, les femmes victimes de violence conjugale ne semblent pas avoir tiré une leçon du drame pour demander davantage d'aide aux maisons d'hébergement Le Far et La Séjournelle.
Rappelons que le présumé meurtrier et ex-conjoint d'Édith Bolduc avait déjà été accusé de voies de fait à son endroit et avait l'interdiction de la contacter.
Au Far, le drame a suscité l'émoi. La directrice, Johanne Lemay, avoue même avoir songé aux manières de faire un suivi avec celles qui consultent en externe.
« Nous ne remettons pas en question la manière de faire notre travail, car il y a déjà un suivi étroit. Mais quand on est confronté à un drame comme ça, on se demande s'il n'y avait pas lieu de relancer encore davantage les femmes qui ont fait appel à nous. »
Si le drame a été largement médiatisé dans la région, les maisons d'hébergement n'ont pas constaté un impact direct sur certaines femmes victimes de violence conjugale.
Les proches s'inquiètent
Ce sont par contre des proches qui soupçonnent la violence conjugale qui ont consulté davantage les intervenants du Far.
« Les proches ne savent pas toujours quoi faire. Ils peuvent vouloir aider, mais se mettre eux-mêmes dans une position dangereuse », indique Anne-Madeleine Kadafela, directrice adjointe à la maison Le Far. Elle indique que les statistiques de visites du site internet de la maison ont aussi augmenté dans les jours qui ont suivi le meurtre.
À La Séjournelle à Shawinigan, on n'a pas constaté une hausse de consultations directement reliées à cet événement.
« Les femmes qui vivent une situation de violence conjugale ne suivent pas l'actualité. Quand tu es victime, tu es dans une bulle de survie. Tu n'as pas l'énergie pour t'intéresser à ce qui se passe autour de toi », indique Denise Tremblay, psychologue et directrice de La Séjournelle.
L'affaire du Dr Turcotte
Mme Tremblay indique cependant qu'elle a reçu des témoignages en lien direct avec l'affaire du cardiologue Guy Turcotte, qui a assassiné ses deux enfants et été jugé non criminellement responsable, l'été dernier.
« Certaines femmes avouaient que leur conjoint avait fait des menaces. D'autres disaient : j'ai peur qu'il m'arrive la même chose. J'ai peur que si je le quitte, il s'en prenne aux enfants. », confie Denise Tremblay.
La plupart des femmes qui avaient recours aux services de La Séjournelle n'étaient pas hébergées, mais consultaient les experts.
« C'est une affaire qui a été extrêmement médiatisée et qui a duré longtemps. Ça a créé beaucoup de peur, surtout par rapport aux enfants », conclut-elle.
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