Vivre avec le jugement des autres
L utilisation de seringues souillées et les relations sexuelles non protégées sont les deux moyens de transmissions les plus fréquents pour le VIH.SÉBASTIEN ST-JEAN/24H MONTREAL/AGENCE QMI
La journée mondiale de la lutte contre le sida fêtera le 1er décembre son 23e anniversaire. Une triste date pour les millions de personnes affectées de proche ou de loin par cette maladie. De nos jours, les porteurs du VIH sont rarement condamnés à une mort rapide. Ils doivent plutôt apprendre à vivre avec cette maladie, et avec les jugements de plusieurs.
« L'espérance de vie d'un sidéen n'est maintenant que de 10 ans inférieure à celle d'un humain non infecté », fait savoir Anick Beneke, intervenante chez Sidaction Trois-Rivières.
Grâce à la trithérapie et la quadrithérapie, plusieurs sidéens réussissent à prolonger leurs jours d'une façon qui était inimaginable à l'époque. La Maison Re-Né, qui héberge des porteurs du VIH depuis 1992, a même vu son rôle changer. « À l'époque, lorsqu'une personne entrait ici, c'était pour mourir. Aujourd'hui, les gens doivent apprendre à vivre avec la maladie. »
Le jugement des autres
Il faut dire qu'il est très difficile pour un sidéen de retrouver une vie normale après avoir été diagnostiqué. Même s'il ne fait plus la manchette, le sida fait encore très peur à la société. « Il y a de l'évitement. J'ai un frère à qui j'ai à peine parlé depuis six ans. Lorsque nous nous rencontrons, il n'y a pas de contact, pas d'étreinte. On ne se donne pas la main », relate Shylo Giroux.
Aux prises depuis six ans avec la maladie, M. Giroux y voit toutefois du positif.
« Je consommais beaucoup. J'ai passé un test parce que des gens voulaient compiler des statistiques. J'ai réalisé que je l'avais contracté quand je suis allé chercher les résultats parce que j'avais besoin du 5$. Ma vie a entièrement changé à partir de ce moment. J'ai commencé un processus pour arrêter la drogue. C'est un mal pour un bien. »
Retour au travail impossible
De son côté, Marc Dagneau aimerait bien retrouver un emploi. Mais il s'est heurté à de multiples refus. « La seule chose que je peux faire, c'est tourner des boulettes de bœuf haché, et ce, jusqu'à ce que quelqu'un apprenne que je suis atteint. Ils vont alors trouver un moyen de me renvoyer. De plus, lorsque tu as le VIH, et 1 500$ de médicaments par mois, ce n'est pas très bon pour le plan d'assurances de la compagnie. »
Même s'ils ont appris à vivre avec la maladie, et même s'ils savent qu'ils ne passeront pas l'arme à gauche aussi rapidement que leurs prédécesseurs, les résidants de la Maison Re-Né avaient tous un message clair : protégez-vous !
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le Bureau de la concurrence enquête sur les politiques de prix annoncé minimal
Le Bureau de la concurrence ouvre une enquête sur l’utilisation des politiques de prix annoncé minimal dans le secteur de l’épicerie. L’autorité de régulation estime que ces politiques peuvent empêcher les détaillants de faire la promotion de leurs prix les plus bas, ce qui risque de priver les consommateurs d'aubaines et de restreindre ...
LIRE LA SUITE
Les boissons chaudes augmenteraient le risque de cancer de l'œsophage
La consommation régulière de boissons extrêmement chaudes, comme du thé ou du café, pourrait tripler le risque de cancer de l'œsophage, prévient une nouvelle étude britannique. Le risque concerne plus spécifiquement la forme la plus courante de cancer de l'œsophage, le carcinome épidermoïde de l'œsophage. «Des études asiatiques ont ...
LIRE LA SUITE
72 % des Québécois appuient une loi sur la qualité de l'air
Une majorité de Québécois se disent préoccupés par la qualité de l’air et appuient l’adoption d’une loi qui établirait une stratégie québécoise sur la qualité de l’air, selon un sondage d'opinion mené par la firme Léger pour le compte de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME). Le coup de sonde ...
LIRE LA SUITE