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À la conquête du Vieux Continent

Nouveau président de l Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux, Steve Massicotte veut attirer les Européens sur les glaces de la rivière Sainte-Anne.  Trois-Rivières le 27 décembre 2011. GUILLAUME JACOB/L'ÉCHO DE TROIS-RIVIÈRES/AGENCE QMI
Photo: NICOLAS DUCHARME

Nouveau président de l Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux, Steve Massicotte veut attirer les Européens sur les glaces de la rivière Sainte-Anne. Trois-Rivières le 27 décembre 2011. GUILLAUME JACOB/L'ÉCHO DE TROIS-RIVIÈRES/AGENCE QMI

Des milliers de pêcheurs amateurs envahiront les glaces de la rivière Sainte-Anne au cours des prochaines semaines pour taquiner le poulamon. Des Québécois, mais aussi une bonne part d'Asiatiques et quelques Européens de passage. Pour le nouveau président de l'Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux, Steve Massicotte, les visiteurs du Vieux Continent représentent une clientèle à conquérir.

Même si cette année encore la saison de pêche a encore été retardée de quelques jours par manque de froid, Steve Massicotte reste confiant et souriant malgré les cernes qui trahissaient sa fatigue.

Le nouveau président de l'Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux vit son baptême du feu. Alors que les demandes d'entrevue se succédaient de la part des médias nationaux et locaux, avides de nouvelles en cette période creuse des Fêtes, il devait lui aussi installer ses cabanes le plus vite possible pour tenter de profiter de la fin de semaine du Nouvel An.

Le défi est de taille pour ce solide gaillard. Il chausse désormais les bottes qu'a portées pendant 30 ans Guy-Paul Brouillette, le fondateur de l'Association des pourvoyeurs et qui a fait de la pêche au poulamon l'attraction touristique que l'on connaît aujourd'hui.

« On veut poursuivre le travail accompli par M. Brouillette », explique Steve Massicotte. Au fil des prochaines saisons, le nouveau président veut renforcer le caractère familial de l'événement, mais aussi attirer de nouveaux visiteurs en faisant découvrir cette pêche unique au Québec aux touristes étrangers.

Et ce sont les Européens que M. Massicotte souhaite initier. Ils sont déjà nombreux à faire escale à Saint-Anne-de-la-Pérade lors de voyages organisés par les tours opérateurs. « Ils sont fascinés par le fait de pouvoir marcher sur la glace de la rivière, observe le président. Il faut savoir que les cours d'eau ne gèlent pas dans la majeure partie de l'Europe. Ils n'arrivent pas à croire que l'on peut y installer un village de cabanes comme celui qu'on a ici. »

Toutefois, les arrêts ne durent que quelques minutes et les touristes n'ont pas le temps de « s'essayer » à la pêche. Le défi sera donc de convaincre les tours opérateurs de passer une journée à Saint-Anne-de-la-Pérade durant la période de la pêche. « Il faut offrir davantage que la pêche. Il faut mettre en valeur les attraits agroalimentaires que l'on a ici, souligne M. Massicotte. Essayer de les garder pour une nuitée. »

Cette clientèle potentielle est d'autant plus intéressante qu'elle pourrait venir combler le creux que les pourvoyeurs connaissent durant la semaine lorsque les visiteurs québécois sont moins nombreux.

« Le tourisme hivernal est un créneau prometteur et notre produit, unique, s'insère très bien là-dedans », fait valoir Steve Massicotte.

Déjà, la preuve est faite que la pêche aux petits poissons de chenaux peut intéresser les gens d'autres cultures. Depuis quelques années, un grand nombre d'Asiatiques de la région de Montréal sont au rendez-vous saison après saison. Ils représentent maintenant plus de 10% des 100 000 visiteurs qui foulent la rivière gelée, selon Steve Massicotte

« Le bouche à oreille a été très efficace au sein de cette communauté, explique-t-il. Désormais, ils nolisent des autobus pour venir passer une journée. Ce qu'ils aiment par-dessus tout, c'est de cuisiner le poisson à mesure qu'ils le pêchent. On dit souvent que la première chose que les Québécois entrent dans la cabane, c'est la caisse de bière. Et bien eux arrivent avec poêlons et ustensiles pour faire cuire les poissons sur les poêles à bois. »

La pêche aux petits poissons des chenaux c'est :

- 100 000 visiteurs annuellement

- 4 millions $ de retombées (selon une étude de 2007)

- 500 cabanes sur la glace de la rivière Sainte-Anne

- 4 à 5 millions de poulamons pêchés sur un banc estimé à 500 millions

*Source : Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux

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