Les employés ont peur d'intervenir
GILLES LAFRANCE/JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI
Étonnamment, ce n'est pas le coût d'achat d'un défibrillateur qui explique son absence dans les arénas de la Mauricie. C'est plutôt la peur d'utiliser l'appareil qui semble poser problème.
Plusieurs employés rencontrés par L'Écho ont exprimé leur crainte d'utiliser un tel outil, puisqu'une vie est en jeu. Des craintes que confirme Robert Desjardins, directeur du service des loisirs pour la Ville de Shawinigan.
« J'ai des employés qui ne veulent pas faire la glace lorsqu'il y a 4000 personnes dans le Centre Bionest parce que c'est stressant. Je n'imagine pas leur réaction s'ils voient quelqu'un qui gît sur la glace et que les gens autour ne cessent de crier. Je ne suis pas certain qu'ils pourraient faire ça calmement. »
Du côté de l'aréna Jean-Guy Talbot, le conducteur de zamboni, Claude Vachon, avoue qu'il peinerait à contrôler ses gestes s'il était mis devant une telle situation. « La Ville m'a fait suivre mon cours de réanimation cardiorespiratoire, mais je serais tout de même stressé et nerveux si je devais m'en servir. Après tout, je n'ai suivi qu'une formation de quelques heures. Je ne suis pas un ambulancier.
Inquiétudes quant à la loi
Robert Desjardins pousse la réflexion plus loin pour expliquer les inquiétudes des employés d'arénas.
« Les vendeurs d'équipements nous disent que c'est un jeu d'enfant à utiliser. Oui, c'est une machine facile à utiliser, mais ça reste une machine et ça prend un être humain pour l'utiliser. Si ce n'est pas fait de la bonne façon et qu'il se passe quelque chose de grave, l'employé et la Ville pourraient alors être responsables face à la loi et il pourrait y avoir des poursuites. »
Et la formation ?
Une formation de quatre heures est requise pour opérer un défibrillateur automatique et son utilisation est très simple (voir autre texte).
Tout de même, le propriétaire de l'aréna Fernand-Asselin, Jean-Guy Asselin, estime qu'il serait très ardu pour tous ses employés de suivre cette formation.
« Nous ne sommes pas syndiqués ici et j'engage très souvent des étudiants. Comme ils ont un horaire instable, il y a beaucoup de changement de personnel. Ce serait donc difficile de faire suivre un cours à tout le monde. »
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