Neuf arénas, mais aucun défibrillateur
Aucun aréna de la grande région de Trois-Rivières et de la rive-sud ne dispose d'un défibrillateur. Trois-Rivières le 13 janvier 2012. NICOLAS DUCHARME/L'ÉCHO DE TROIS-RIVIÈRES/AGENCE QMI
Le 22 décembre dernier, un hockeyeur de 55 ans est décédé lors d'une partie de hockey à l'aréna Iamgold de Rouyn-Noranda. Les employés du centre sportif ont été incapables de trouver le défibrillateur dans le bâtiment. Qu'en est-il à Trois-Rivières? Après enquête, L'Écho a constaté qu'aucun des neuf arénas de la grande région de Trois-Rivières ne possède l'appareil en question.
Comment expliquer qu'un appareil qui pourrait sauver une vie en cas de crise cardiaque ne soit pas présent dans aucun des arénas de la Ville de Trois-Rivières ? Il semblerait que l'idée ait été discutée par les autorités, qui ne sont pas allées de l'avant pour l'instant. « Il n'y a rien d'amorcé en ce sens, mais nous avons eu quelques discussions à ce sujet. », fait savoir Jean-Pierre Laporte, coordonnateur en santé et sécurité à la Ville de Trois-Rivières.
Le faible nombre d'arrêts cardiaque répertoriés jouerait aussi dans la balance. « Ce genre d'accidents est très rare. En 34 ans, je peux les compter sur les doigts d'une seule main », note Michel Lemieux, directeur du Service des loisirs et des Services communautaires.
Même le tout nouveau Centre sportif Alphonse-Desjardins n'est pas équipé d'une telle technologie. « Nous avons discuté de l'installation d'un défibrillateur et d'autres rencontres sont prévues, mais nous n'avons pas d'échéancier », explique Karine Ouellette, chef de services et gestion des plateaux.
Pourtant, les coûts d'un défibrillateur ne sont pas énormes, entre 1500 $ et 2 000 $. Certaines villes, dont Québec, ont emboîté le pas et ont muni tous leurs arénas de cet équipement. La Ville de Trois-Rivières n'est toutefois pas dans le tort, puisqu'aucune loi ne l'oblige à adopter le défibrillateur.
Pas mieux de l'autre côté du fleuve
Sur la Rive-Sud, la situation est similaire dans les arénas de Nicolet et Bécancour. « Nous avons demandé au conseil, mais c'était trop compliqué. Les gens qui travaillent dans les arénas ne sont pas habitués. En 30 ans, nous n'en aurions pas eu besoin. Il faut dire que 80% de nos utilisateurs sont des joueurs du hockey mineur, alors je ne crois pas que le cœur soit un problème », note Donald Roy, chef d'équipe pour l'aréna de Bécancour.
Même son de cloche chez les privés
Il n'y a pas que les villes qui tardent à faire l'acquisition de défibrillateurs pour leurs installations sportives. Au privé, l'aréna Fernand-Asselin et le Complexe sportif de St-Louis-de-France ne possèdent pas le précieux instrument.
« Il y a une quarantaine de ligues de garage et au moins 1000 joueurs qui passent ici chaque semaine et personne ne m'a fait de requête en ce sens. Si le gouvernement nous obligeait, on suivrait la règle. Mais dans ce cas, il faudrait alors en installer dans les centres de ski parce qu'il y a plusieurs crises cardiaques là-aussi », souligne Jean-Guy Asselin, propriétaire de l'aréna Fernand-Asselin.
La situation n'est pas seulement inquiétante sur les côtes du fleuve. À Shawinigan, aucun des quatre arénas de la Ville ne possède de défibrillateur. Seul les Cataractes de la LHJMQ ont leur propre appareil.
C'est une priorité selon les joueurs
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