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Une décision qui doit être mûrie avec ses proches

L'apprentissage sur des cadavres fait une différence dans la formation des futurs médecins et permet de pousser plus loin la recherche. Donner son corps à la science revient donc à continuer d'être utile au-delà de la mort. Mais la décision de faire ce sacrifice posthume doit impliquer tant le donneur que sa famille.

Chaque année, des dizaines de corps inanimés passent les portes du laboratoire d'anatomie de l'UQTR. Transportés tout au plus 48 heures après avoir exhalé leur dernier souffle, ils y sont embaumés et « reposent » ensuite huit ou neuf mois au frigo le temps que les produits de conservation perfusent bien tous les tissus.

Dans ce lieu baigné d'une lumière blanche, les cadavres sont traités avec le plus grand respect. Loin d'être lugubre, l'atmosphère empreinte de la bonne humeur des étudiants n'en demeure pas moins quelque peu solennelle. Au mur, une grande affiche rappelle les règles à suivre lorsqu'on travaille sur les dépouilles. « Tout ce que l'on fait respecte ce pourquoi les gens ont pris la décision de donner leur corps : faire avancer les connaissances des étudiants et des chercheurs », explique le professeur d'anatomie, Gilles Bronchti.

Régulièrement, des gens intéressés à donner leur corps viennent rencontrer l'équipe du laboratoire d'anatomie de l'UQTR. « On rencontre les donneurs, mais aussi leur famille, explique Johanne Pellerin, responsable du laboratoire. Car il est important que les proches soient à l'aise avec cette décision. Le deuil est l'affaire de la famille, et ce n'est pas évident de faire son deuil lorsqu'on n'a pas de corps auprès duquel se recueillir. »

Il arrive même que des familles aillent à l'encontre des volontés de leur proche et refusent que le corps soit dirigé vers le laboratoire, témoigne Mme Pellerin.

Une fois que les corps sont prêts, les étudiants et les chercheurs peuvent travailler dessus pendant deux ou trois ans. Ensuite, les dépouilles sont incinérées au frais de l'Université. Les familles - et la plupart le font - peuvent demander les cendres et les inhumer à l'endroit de leur choix, mais à leurs frais. « Les proches retombent parfois dans le deuil lorsqu'ils reçoivent les cendres, 3 ou 4 ans après le décès. Ils doivent donc être conscientes de tout ce que ça implique », raconte Johanne Pellerin.

Marche à suivre

C'est l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale qui s'occupe de coordonner les dons de corps pour toute la province. Pour donner son corps, il suffit de remplir la carte de donneur disponible sur leur site Web ou auprès du laboratoire d'anatomie de l'UQTR, et de la faire signer par deux témoins majeurs (conjoint, enfant, père, mère, ami, etc.). Le signataire doit aviser son entourage et peut retirer son consentement en tout temps.

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