À l'eau la sécurité !
Malgré la vague de noyades qui secoue le Québec, les consommateurs portent bien peu d’attention à la sécurité autour de leur piscine.
Les différents détaillants rencontrés par L’Écho sont unanimes, la sécurité semble être la dernière priorité des consommateurs lorsqu’il est temps de faire l’achat d’une piscine.
« Ce n’est pas un sujet de conversation. Malgré les événements des derniers jours, personne n’est venu nous visiter pour savoir ce qu’ils pouvaient faire », laisse savoir Carl Laflamme, responsable des ventes chez le Maître piscinier, de Trois-Rivières.
« Nous tentons de conscientiser les clients, mais la plupart essayent d’en mettre le moins possible, puisqu’il y a des coûts reliés. Par exemple, une échelle qui rend l’accès à l’eau impossible pour un enfant coûte 200 $. Sinon, c’est 60 $ », image M. Laflamme.
Les systèmes d’alarme reliés à la piscine ne sont guère plus populaires. Deux types d’engin existent pour avertir le propriétaire si un enfant tombe à l’eau. Un bracelet, attaché au poignet de l’enfant, fera retentir un récepteur sonore s’il entre en contact avec l’eau. Pour les gens désirant un appareil plus avancé, un système d’alarme installé en permanence dans la piscine émet une forte sonnerie lorsqu’un objet de la taille d’un nourrisson touche l’eau.
Ces mécanismes se détaillent entre 120 $ et 200 $.
« Il n’y a qu’environ 1 % de la clientèle qui achète ces alarmes. Ce n’est pas du tout dans leur priorité. Ils sont d’ailleurs en liquidation et les étagères sont pleines. Ces produits sont maintenant fabriqués en Chine pour faire baisser leur prix, mais ça ne vend pas plus », observe Louis Ricard, copropriétaire chez Piscines St-Louis.
« Je n’en ai vendu qu’un seul cette année, et après deux semaines, la boîte était de retour au magasin », ajoute M. Laflamme.
La vague récente de noyades au Québec pourrait-elle sensibiliser les nouveaux acheteurs à doter leur piscine d’un système de sécurité le printemps prochain ? M. Ricard se montre sceptique.
« Ça va peut-être réveiller les gens. Toutefois, s’il fait froid en mai et qu’il pleut au mois de juin et que les gens ne peuvent pas se baigner, tout le monde va avoir oublié (les noyades de 2012). Plus il fait beau et chaud et plus il y a de noyades et plus les gens en parlent. »
Les piscines désuetes à risque
Les nouveaux acheteurs de piscines doivent obéir à des normes sévères depuis l’entrée en vigueur du Règlement québécois sur la sécurité des piscines résidentielles en juillet 2010. Mais pour les installations construites avant cette date, rien n’oblige les propriétaires à rendre leurs piscines sécuritaires.
La réglementation de la Ville de Trois-Rivières en ce qui a trait aux nouvelles installations suit les lignes directrices du gouvernement du Québec à ce sujet. Ainsi, les nouveaux bassins doivent maintenant être clôturés si la piscine est creusée. Dans le cas d’une piscine hors terre, l’échelle doit être inaccessible pour les plus jeunes.
Le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant, croit toutefois que les plus grands risques se trouvent chez les propriétaires de piscines installées avant juillet 2010, date de mise en vigueur du Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles.
« La problématique est que les anciennes piscines ne sont pas sujettes à la nouvelle réglementation. On invite donc les gens à la plus grande prudence, particulièrement quand on voit le nombre d’enfants qui sont décédés. »
Heureusement, il semble de plus en plus difficile pour les consommateurs de se procurer des dispositifs qui ne respectent pas la réglementation québécoise, selon les détaillants interrogés.
Des systèmes de sécurité mal entretenus
Depuis 2010, la Société de sauvetage du Québec a mise sur pied le site web mapiscinesecuritaire.com afin de sensibiliser la population à l’importance de sécuriser les piscines.
Le site connaît d’ailleurs une hausse de popularité depuis le début de l’été. « En date de vendredi dernier, nous avons enregistré environ 10 000 visites depuis juin. Chaque fois qu’il y a une noyade, nous voyons une augmentation dans le nombre de visites », explique Diane Théberge, gestionnaire aux communications pour l’organisme.
De plus, deux animateurs patrouillent le Québec afin de conseiller les propriétaires quant à la sécurité de leur installation. Selon Mme Théberge, le climat québécois joue pour beaucoup dans l’état des dispositifs de sécurité autour des piscines.
« Ce sont souvent les loquets qui ne fonctionnent pas bien puisqu’au Québec, avec l’hiver, les terrains travaillent. Il faut réajuster le tout annuellement. »
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le Bureau de la concurrence enquête sur les politiques de prix annoncé minimal
Le Bureau de la concurrence ouvre une enquête sur l’utilisation des politiques de prix annoncé minimal dans le secteur de l’épicerie. L’autorité de régulation estime que ces politiques peuvent empêcher les détaillants de faire la promotion de leurs prix les plus bas, ce qui risque de priver les consommateurs d'aubaines et de restreindre ...
LIRE LA SUITE
Les boissons chaudes augmenteraient le risque de cancer de l'œsophage
La consommation régulière de boissons extrêmement chaudes, comme du thé ou du café, pourrait tripler le risque de cancer de l'œsophage, prévient une nouvelle étude britannique. Le risque concerne plus spécifiquement la forme la plus courante de cancer de l'œsophage, le carcinome épidermoïde de l'œsophage. «Des études asiatiques ont ...
LIRE LA SUITE
72 % des Québécois appuient une loi sur la qualité de l'air
Une majorité de Québécois se disent préoccupés par la qualité de l’air et appuient l’adoption d’une loi qui établirait une stratégie québécoise sur la qualité de l’air, selon un sondage d'opinion mené par la firme Léger pour le compte de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME). Le coup de sonde ...
LIRE LA SUITE