Dépenser de petites fortunes pour jouer au hockey
Elle est loin l’époque où le hockey était une affaire de paroisses et les jeunes devaient se contenter de la seule marque de bâtons disponible au magasin. Aujourd’hui, le hockey est une affaire de passion, et de gros sous.
Ce n’est cependant pas tous les parents qui peuvent payer le même montant pour que leurs enfants puissent s’élancer sur une patinoire. Tout dépend du calibre de jeu, et bien entendu, des moyens financiers des parents. Par exemple, dans le hockey mineur local, il en coûte entre 225 $ et 235 $ pour une inscription à Trois-Rivières-Ouest. Du côté de l’Association de hockey mineur de Trois-Rivières, c’est un total de 185 $ à 195 $ qu’il faut débourser. Toutefois, il faudra prévoir un total de 250 $ si l’enfant joue dans le calibre double lettre.
Bien évidemment, ces sommes ne sont que la pointe de l’iceberg. Il faut ajouter l’argent requis pour disputer des tournois, pour la nourriture après les matchs et plusieurs autres coûts connexes. Et avec le prix d’essence qui frôle des records, ce n’est rien pour soulager le portefeuille des parents qui investissent des milliers de dollars dans cette aventure, chaque année. C’est par contre le montant requis pour équiper un jeune hockeyeur qui explique la disparité entre le montant dépensé par les différentes familles. (voir texte page 4).
Selon Daniel Côté, de Hockey Québec, il faut prévoir une somme avoisinant les 1000 $ pour une saison de hockey dans le calibre simple lettre. Ce montant passe à 3000 $ et peut même aller jusqu’à 5000 $ pour les catégories élites.
Un voyage en Europe
Originaire de Shawinigan, Stéphane Thibeault est père de deux enfants, Marc-Antoine et Benjamin, qui évoluent dans le calibre juvénile à l’Académie des Estacades et pee-wee AA, respectivement.
Chaque année, c’est une petite fortune que M. Thibeault et sa conjointe, Annie Laliberté, dépensent pour la pratique du sport. Pour Marc-Antoine, les frais d’inscription au programme des Estacades lui en coûtent 3000 $, alors que pour Benjamin, c’est une somme de 900 $ qui est demandée pour jouer pee-wee. En plus, le cadet de la famille fait partie de la concentration hockey de l’école Val-Mauricie, à Shawinigan, ajoutant 595 $ au total.
À ces montants, il faut additionner l’achat d’équipements, les frais de déplacement et les coûts connexes, comme les hôtels et restaurants sur la route. Malheureusement, le covoiturage n’est pas une option, puisque M. Thibault est entraîneur de la formation dans laquelle joue son plus jeune. Il a donc parcouru 54 000 km en automobile dans la dernière année et demie.
Le paternel estime à plus de 12 000 $ le montant qu’il doit sortir de sa poche par année pour permettre à ses jeunes de pratiquer leur sport favori.
« Nous avons fait le calcul, et c’est l’équivalent d’un voyage dans en Europe pour la famille. Malgré le coût, nous sommes très contents qu’ils jouent au hockey. Ça leur permet de se développer et les jeunes grandissent à travers ça. Ça fait d’eux de bonnes personnes », souligne-t-il.
Aide financière
Cet exemple représente la réalité de bien des familles dont l’enfant est doué d’un certain talent. Par chance, certaines fondations offrent de l’aide financière pour leur permettre de poursuivre leur parcours sportif.
« C’est rare que nous voyions les parents lever la main pour obtenir de l’aide. Ça se véhicule souvent par le bouche à oreille. Nous pouvons ainsi organiser une collaboration. De plus, le tournoi novice nous permet d’engranger des profits qui peuvent aller aux gens dans le besoin », explique Gaétan Bédard, président de l’Association de hockey mineur de Saint-Louis-de-France.
Tout de même, il est fréquent de voir des jeunes se contenter de jouer du hockey simple lettre, faute de moyens. Trop cher le hockey par rapport aux autres disciplines ? M. Côté réplique que non.
« Dès que nous parlons de sport élite, ça coûte cher. Si on compare avec d’autres sports, on va se rendre compte que les coûts sont similaires. Certains diront que le soccer est plus abordable, mais le prix pour une saison est relativement identique. C’est l’équipement qui est le nerf de la guerre et qui fait que ça coûte plus cher. »
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