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« C'est invraisemblable » - Jean Fournier

TROIS-RIVIÈRES - 

Le seul survivant de l’écrasement d’avion de Pickle Lake, en Ontario, s’est adressé aux médias vendredi matin. Jean Fournier était visiblement encore chamboulé par les évènements qui ont coûté la vie à trois autres Trifluviens le 16 octobre dernier.

M. Fournier a d’abord tenu à offrir ses condoléances aux familles des victimes. Il a également remercié tous ceux qui l’ont supporté dans la tragédie, lui qui a senti cette vague de sympathie jusqu’à Winnipeg lors de son hospitalisation.

L’apprenti-pilote n’est revenu que brièvement sur les circonstances de l’accident. « C’est invraisemblable. À mon niveau à moi, tout se déroulait bien. Jusqu’à la dernière minute, tout était normal », a-t-il noté.

M. Fournier a tout de même confirmé que l’avion a touché la cime des arbres avant l’écrasement, sans toutefois pouvoir expliquer pourquoi. « Le BST va faire son travail », a indiqué le survivant.

Un rêve qui coûte cher

Jean Fournier caressait le rêve de posséder un avion depuis longtemps. Il était retourné sur les bancs d’école depuis quelques mois pour apprendre à piloter avec « une sommité ». Michel Nadeau entraînait des pilotes depuis 1973 et cumulait un nombre impressionnant d’heures de vol.

C’est pour cette raison que M. Fournier avait demandé au propriétaire de Nadeau Air Service de l’accompagner dans l’acquisition de son premier engin, dans la réalisation de son rêve. Bernard Mailloux, le directeur de la maintenance de la compagnie d’aviation, était aussi du voyage, pour faire l’inspection de l’appareil.

Lorsque le survivant a parlé de son neveu, Yannick Fournier, il était visiblement très ému. « Yannick m’accompagnait pour finaliser les détails de la transaction car il est bilingue. Il était tellement heureux de faire ce trip-là avec moi. », a-t-il dit avec un trémolo dans la voix.

Jean Fournier s’est dit très peiné que son rêve, celui d’un individu, ait entraîné le décès de trois personnes. « C’est ce qui me travaille le plus », a-t-il avoué.

S’en remettre au destin

L’homme d’affaires se compte chanceux d’avoir survécu à l’écrasement. « J’ai l’impression de débuter une deuxième vie ce matin (vendredi). Si vous avez vu l’état de la carlingue, c’est presque inimaginable que j’en sois sorti sur mes deux jambes, a confié Jean Fournier. Il doit y avoir quelque chose que j’ai à vivre encore ici ».

Il est resté accroché à son siège pendant près de quatre heures, la tête en bas, dans l’obscurité totale, avant de pouvoir se dégager de sa fâcheuse position. « Je crois que le destin ne voulait pas que je vienne en aide à personne dans cette tragédie », s’est-il désolé.

Jean Fournier tient à retourner voler dès que possible. En ce qui a trait à l’achat d’un avion, rien n’est sûr pour le moment. « Présentement, ça ne me tente pas du tout », a avoué le survivant.

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