Le moratoire s'étend
Le ministre responsable de la Faune, Yves-François Blanchet, a annoncé que le moratoire sur la pêche à la perchaude serait étendu sur le fleuve Saint-Laurent jusqu’à la hauteur de Saint-Pierre-les-Becquets.
Il sera désormais interdit de pêcher la perchaude en aval du pont Laviolette, jusqu’à la hauteur de Saint-Pierre-les-Becquets. Le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves François Blanchet, étend le moratoire qui se limitait jusqu’à maintenant au lac Saint-Pierre.
Le ministre en a fait l’annonce vendredi soir lors d’une conférence tenue dans le cadre de l’Éco-Salon du lac Saint-Pierre.
La population de perchaude du lac Saint-Pierre serait grandement menacée selon de récentes études scientifiques. Le volume de pêche est passé de plus de 300 tonnes par année dans les années 1980 à un peu plus de 10 tonnes avant l’imposition du moratoire, en 2012.
« En aucun cas devons-nous attribuer la faute du déclin de l’espèce aux pêcheurs, a précisé le ministre. Ils en sont les victimes. Les causes sont tout autres. » La piètre qualité de l’eau du lac Saint-Pierre et la destruction des habitats seraient plutôt à blâmer. La baisse des stocks de perchaude serait un symptôme parmi tant d’autres de la santé fragile de ce milieu classé réserve mondiale de la biosphère, a soutenu M. Blanchet.
Ceci dit, le ministre de l’Environnement a aussi annoncé vendredi soir la mise en œuvre d’une stratégie pour améliorer l’état du lac Saint-Pierre. « Le moratoire n’est que le début de la solution », a-t-il mentionné.
La première étape de cette stratégie consistera à mettre en place une table de concertation régionale. Cette dernière aura le mandat d’approfondir les recherches pour établir les causes du déclin de la perchaude et les raisons pour lesquelles le lac est en si piètres conditions. D’ailleurs, 11 autres tables de concertation seront créées pour autant de secteurs qui bordent le fleuve Saint-Laurent un peu partout au Québec.
Le ministre veut un consensus
Pour l’instant, plusieurs pourvoyeurs du lac Saint-Pierre doutent des résultats des plus récentes études sur l’état des stocks. De nouvelles démarches seront donc lancées qui impliqueront autant les pêcheurs que les scientifiques.
« Si tous les intervenants s’entendent, ils auront mon appui et des moyens », a promis M. Blanchet. Un budget de 100 000 $ est à la disposition des chercheurs et le ministre invite les municipalités, les MRC et les Conseils régionaux des élus à majorer cette somme.
Une fois le diagnostic posé, tous devront s’entendre sur les actions à prendre. Le ministre souhaite que le lac Saint-Pierre et ses rives deviennent un vaste chantier de réhabilitation des milieux naturels. Il promet de soutenir les projets qui seront à la fois créateurs d’emplois et pertinents d’un point de vue environnemental.
« Sans parler au nom de la Table de diversification qui pilote le déploiement d’un fonds de 200 M$ (pour pallier la perte de Gentilly-2), je me permets de le citer comme exemple de financement possible », a-t-il déclaré.
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