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Le chemin vers la guérison

Jacynthe Migneault vit avec un cancer du sein
Photo: Joany Dufresne

Jacynthe Migneault vit avec un cancer du sein

Chaque année, des milliers de personnes reçoivent un diagnostic de cancer. Les traitements n’étant pas accessibles partout, plusieurs patients doivent quitter leur foyer pour se faire soigner. Une épreuve, qui à première vue semble difficile, mais qui se transforme souvent en une expérience très enrichissante.

C’est une bosse sur son sein qui a convaincu Jacynthe Migneault de consulter son médecin. Après une longue série d’examens, le verdict est tombé; cancer du sein. « J’ai appris la veille de ma fête en juillet que j’avais un cancer et que la tumeur était maligne, dit-elle. Quand ça t’arrive, tu te demandes pourquoi moi. Ça arrive toujours aux autres, mais pas à soi », dit-elle.

Son combat, c’est avec un grand positivisme que Mme Migneault le livre. Pour elle, la vie ne s’arrête pas à ça. « Je suis une personne assez positive, donc ça ne m’a pas trop affecté. C’est sûr que sur le coup, j’ai pleuré comme tout le monde. Mais, ce n’est pas long que je me suis dit que j’allais m’en sortir. Il faut être très positif. »

N’offrant pas de services de radiothérapie à Baie-Comeau, Mme Migneault a dû quitter sa ville pour ses traitements. Malgré son moral d’acier, elle redoutait son départ pour Trois-Rivières. Mais dès son arrivée à l’hôtellerie de la Fondation québécoise du cancer de la Mauricie (FQC), elle a immédiatement oublié ses soucis.

« Je pensais que ça allait être pire. Tu n’es pas chez toi avec les tiens, mais ici à l’hôtellerie, on est tellement bien. Je n’ai jamais tant ri de toute ma vie. J’ai beaucoup de plaisir ici et j’ai rencontré du monde formidable », confie-t-elle.

Atteinte d’un cancer du sein, Monique Lauzière bénéficie aussi des services de l’hôtellerie. Tout comme sa compagne, elle n’a pas le temps de s’ennuyer. « On est bien ici. Il y a plein d’activités. Les personnes qui sont ici vivent toutes la même chose. Il y a un bon support moral » affirme celle qui réside à Ste-Marie-de-Blanford.

Beaucoup plus que de l’hébergement

Annexée au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR), l’hôtellerie de la FQC offre plusieurs services à sa clientèle; hébergement, massothérapie, art-thérapie, kinésiologie, Gi Gong, salon de coiffure, etc.

« Les gens ne s’attendent pas à ce genre de service quand ils viennent pour leur traitement. Ils séjournent de cinq à sept semaines, alors on fait en sorte que ça se passe bien et qu’il y ait un milieu chaleureux et agréable », stipule la directrice, Luce Girard.

L’hôtellerie de la FQC de la Mauricie accueille plus de 320 personnes par année. Bien qu’heureux de retourner à la maison, les patients sont souvent tristes de quitter ce lieu. C’est le cas de Jacynthe Migneault qui est retournée à Baie-Comeau en fin de semaine dernière. Elle assure que son passage à l’hôtellerie a contribué au bon déroulement de ses traitements.

Une inquiétude de plus

En plus de se soucier de leur santé, les gens atteints d’un cancer doivent composer avec une perte d’emploi bien souvent. Bénéficiant de l’assurance-emploi, celle-ci est malheureusement d’une trop courte durée pour plusieurs d’entre eux.

Rares sont les patients qui peuvent continuer de travailler lorsqu’ils sont atteints d’un cancer. Avec les examens et les traitements à suivre, ils laissent souvent leur emploi, sachant qu’ils le retrouveront lorsqu’ils seront guéris.

L’entre-deux peut toutefois être difficile. Plusieurs bénéficient de l’assurance-emploi. Malheureusement, elle ne dure que 15 semaines, une périodicité jugée trop courte dans bien des cas.

« L’assurance-emploi, c’est 15 semaines. Juste le temps de recevoir tous les résultats de tes examens et d’être opéré, tu n’as même pas commencé la chimiothérapie que les 15 semaines sont entamées », affirme Jacynthe Migneault qui a dû quitter son emploi dans la foresterie à Baie-Comeau en raison d’un cancer du sein.

Elle soutient que l’assurance-emploi devrait être allongée, car aucun cas de cancer ne se guérit en 15 semaines.

Vivant avec son copain, elle se considère chanceuse de pouvoir compter sur son aide, mais qu’il est difficile de devoir être supportée financièrement lorsqu’on a été indépendant toute sa vie.

Être malade peut être dispendieux. Il y a beaucoup de frais à débourser notamment pour les médicaments, les déplacements et les repas sans compter diverses dépenses essentielles. « La chimiothérapie fait engraisser. On mange tout le temps, mais on n’a pas envie de bouger. Donc, on engraisse et il nous faut acheter du nouveau linge. Il y a des frais sur tout », explique Mme Migneault.

Les cas d’endettement en raison de la durée trop courte de l’assurance-emploi sont nombreux. Déjà qu’ils doivent se soucier de leur santé, certains avouent qu’ils se passeraient des problèmes financiers.

 


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