Agression sexuelle: Henri Caron écope de 27 mois de prison
Henri Caron en 2010
Henri Caron, qui a été reconnu coupable d’agression sexuelle à Lévis au milieu des années 80 sur une de ses élèves de 12 ans, a écopé hier d’une peine de pénitencier de 27 mois.
La victime, maintenant âgée de 40 ans, est ressortie soulagée de la salle d’audience.
«Justice a été rendue au bout du compte. Je ne pouvais pas espérer une meilleure sentence que ça», a indiqué la femme qu’on ne peut identifier.
La procureure de la Couronne, Me Valérie Lahaie, réclamait une peine de pénitencier de 30 mois en raison de la gravité des gestes posés.
Caron, aujourd’hui un résident de Trois-Rivières, était professeur de karaté à Lévis lorsque les gestes ont été commis.
En plus d’avoir une relation sexuelle complète avec la jeune victime, Caron l’a également incitée à poser des gestes de fellation et de masturbation.
Ces gestes n’ont pas été admis par Caron, qui les a niés lors de son procès.
La juge Hélène Bouillon n’a pas cru la version du professeur, qui affirmait avoir «seulement» touché les seins et les parties génitales de l’adolescente. Elle s’est plutôt appuyée sur le témoignage de la victime, qui a relaté la progression des gestes commis par Caron le soir de l’agression.
Plusieurs reprises
Alors que le groupe de karaté s’était réuni chez un membre du club après une séance d’entraînement, Caron avait profité du fait que sa victime était couchée seule dans une chambre pour aller la rejoindre. Il l’a visitée à plusieurs reprises au cours de la soirée et a eu une relation sexuelle avec elle.
L’avocat de l’homme de 50 ans, Me Serge Goulet, réclamait une peine à purger dans la collectivité, car l’accusé désirait suivre une thérapie.
La juge Bouillon a indiqué vendredi que Caron pourra suivre une thérapie pour sa délinquance sexuelle, mais après sa peine de pénitencier, soulignant l’importance de sanctionner ce genre de crime.
«La société s’attend à ce que des agressions à l’endroit de personnes vulnérables soient punies de façon adéquate», a dit la juge, ajoutant que l’accusé avait abusé de la confiance de sa victime.
Dénoncer
L’adolescente, qui avait beaucoup d’estime pour son entraîneur et le considérait comme un père, était restée «figée» lors de l’agression.
Elle ne regrette pas d’avoir dénoncé son agresseur après plusieurs années. «Ç’a valu la peine (de porter plainte)», a-t-elle dit.
Elle a indiqué avoir conservé des séquelles de l’agression, notamment des problèmes de confiance. «Je suis plus vigilante avec mes enfants, car je ne l’ai pas vu venir quand c’est arrivé», a-t-elle dit.
Elle a incité les femmes victimes d’agression sexuelle à porter plainte, soulignant que, dans une thérapie de groupe à laquelle elle a participé, elle était la seule sur 20 à avoir dénoncé son agresseur.
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