Frédéric Dion s'improvise sauveteur dans les Alpes
Frédéric Dion est venu au secours de neuf skieurs russes le 12 mars dernier au beau milieu des Alpes françaises.
Frédéric Dion est habitué à relever des défis, lui qui se qualifie d’aventurier. Il ne s’attendait toutefois pas à ce qu’il ait à secourir neuf skieurs russes lors de son périple dans les Alpes françaises le 12 mars dernier.
Dion terminait une journée de ski et d’alpinisme lorsqu’il a aperçu des signaux de détresse de la part d’un groupe d’individus situé à environ un kilomètre en aval.
Amassant le peu d’équipement à sa portée, il s’est dirigé vers les skieurs égarés. Frigorifié, le groupe s’était aventuré dans la vallée Blanche, situé à 3500 m d’altitude entre la France et la Suisse, sans guide et sans grande connaissance de la région.
« Ils étaient équipés comme s’ils allaient faire du ski à la station Vallée du Parc (à Shawinigan). Ça prend un guide, de l’équipement de sécurité, un harnais, une pelle, une balise et plusieurs autres choses », explique Dion.
Il était alors 16 h et le temps avançait rapidement. Le résident de Mont-Carmel a rejoint le groupe et a découvert que le plus vieux des membres était âgé de 75 ans, alors que le plus jeune avait 11 ans.
« Il n’y avait qu’une personne qui parlait anglais, et c’était de façon rudimentaire. Nous avons communiqué avec des signes, indique-t-il. Le vieux monsieur ne tenait plus debout et je n’étais pas certain qu’il pourrait remonter au refuge », se rappelle celui qui est aussi porte-parole de l’Association des scouts du Canada.
« Dans une telle situation, ça peut dégénérer assez rapidement. On peut céder à la panique et il peut se passer plein d’affaires. Un d’eux aurait pu être tenté de descendre en ski vers le bas de la vallée et tomber dans une crevasse. Ça aurait pu très mal finir. »
Une remontée pénible
Dion a tenté de rejoindre les gendarmes, le réseau téléphonique étant accessible à cet endroit. Mais les policiers n’étaient pas en mesure d’envoyer un hélicoptère, les conditions atmosphériques ne le permettant pas. Deux choix s’offraient alors : remonter la pente jusqu’au refuge, un kilomètre plus haut, ou encore creuser un trou afin de se protéger du froid.
« Le pire, c’est que les Russes ont commencé à s’engueuler entre eux. C’est normal que dans de telles situations, on cherche un coupable. Il fallait que je trouve une manière d’attirer leur attention et canaliser leurs efforts. Je leur ai donc dit de creuser un trou avec leurs skis. »
Pendant ce temps, le collègue de Dion, Mathieu Pronovost, s’est emparé de l’équipement nécessaire au refuge et a descendu la vallée afin de rejoindre le groupe. Afin d’éviter de tomber dans une des nombreuses crevasses du glacier, il était nécessaire pour tous de s’attacher et de marcher en file.
« Ça n’a pas été facile de se rendre au refuge puisqu’en altitude, il y a moins d’oxygène. En plus, c’était une montée dans la neige poudreuse. Le tout a pris 1 h 30. Quand nous sommes rentrés, il commençait à faire noir », note l'aventurier de 35 ans.
Ils s’en sortent indemne
Les neuf membres du groupe s’en sont tirés sans blessure. Après avoir passé la nuit au refuge, ils ont pris la route du retour en compagnie de guides, offrant au passage de payer ceux qui étaient venus à leur secours.
« Nous avons refusé, rigole Dion. Par contre, si nous voulons aller à Saint-Pétersbourg, nous serons très bien reçus! »
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