Jean-Paul Désilets: l’artiste derrière les monstres
Vous est-il déjà venu à l’esprit de concevoir une sorcière avec des nouilles de piscine ou encore d’utiliser des brosses à plancher en guise d’épaulettes pour donner vie à un mystérieux colonel? Des idées comme celles-là, Jean-Paul Désilets en a quotidiennement lorsqu’il crée les personnages qui composent son univers d’Halloween.
Voilà près de 25 ans que Jean-Paul Désilets transforme des objets du quotidien en décorations plus vraies que nature. Ne lui parlez pas de faire un père Noël ou un lapin de Pâques, ce qui l’inspire, c’est l’Halloween. «J’ai toujours aimé l’Halloween. Quand j’étais petit, j’adorais me déguiser. Aujourd’hui, quand je vois quelque chose de beau, j’essaie de le reproduire», raconte M. Désilets.
Son inspiration lui vient notamment de films et de bandes dessinées. Cela peut prendre jusqu’à un mois pour créer un personnage de toutes pièces. Généralement, il utilise des matériaux que l’on trouve à la quincaillerie, auxquels il confère une autre vocation.
Avec le temps, sa passion est même devenue un projet de couple. «Une chance que j’ai l’aide de mon épouse, parce que sinon, il y aurait beaucoup de nudité dans mes personnages. C’est elle qui crée tous les costumes», souligne-t-il en riant.
Lorsqu’il a commencé à concevoir ses personnages, c’était pour décorer sa maison pendant le mois d’octobre. Le retraité de la Kruger proposait ainsi une véritable aventure aux enfants qui désiraient mettre la main sur les convoitées friandises. De la faucheuse qui ornait sa porte au Dracula pendu au garage, en passant par plusieurs figures emblématiques de l’univers de Tim Burton, comme Mr Jack et son chien-fantôme, petits et grands avaient de quoi s’émerveiller.
Sa résidence est rapidement devenue la plus populaire du quartier, avec plus de 500 enfants qui y venaient chaque année.
D’un restaurant à l’autre
Au début des années 2000, Jean-Paul Désilets a commencé à installer ses décorations dans un restaurant du centre-ville de Trois-Rivières. Elles y ont passé quatre Halloweens, jusqu’à ce que la gérante du Buffet des Continents les remarque.
«J’ai vu la boîte d’yeux (une pièce du décor) dans la porte en passant dans la rue. Je me suis informée pour savoir d’où est-ce que ça venait. Je suis allée chez Jean-Paul pour voir ce qu’il avait. Son sous-sol était rempli de décors!», se souvient Diane Quessy.
Cela fait maintenant sept ans que la cinquantaine des monstres passe le mois d’octobre dans la salle à manger du restaurant. M. Désilets prend soin d’y ajouter des nouveautés chaque année.
La réponse du public est excellente, le créateur le constate grâce au livre de commentaires. «Des gens prennent des photos avec les décorations tous les jours. Certains veulent même les acheter. Ce qui impressionne le plus les gens, c’est quand on leur dit que c’est fait à la main. Chaque pièce est unique», rapporte la gérante.
Quant à savoir si les personnages pourraient avoir une deuxième vie à un autre moment dans l’année, Jean-Paul Désilets est ouvert aux suggestions. «Les parents pourraient les emprunter pour une fête d’enfant ou je pourrais organiser des visites pour des élèves du primaire. Bien des choses sont possibles, il faut simplement y penser», conclut-il.
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