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Le vin rouge serait bon pour le cerveau

Boire du vin rouge régulièrement en petites quantités serait bon, non seulement pour le cœur, mais pour le cerveau aussi.
Photo: Agence QMI

Boire du vin rouge régulièrement en petites quantités serait bon, non seulement pour le cœur, mais pour le cerveau aussi.

Le vin rouge est depuis longtemps reconnu pour ses bienfaits sur le cœur. Et voilà que de récentes études réalisées à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) démontrent qu’il serait aussi bénéfique pour le cerveau.

 

Le resvératol, une molécule présente dans le vin rouge (le chianti en particulier), est bien connu pour ses propriétés antioxydantes, cardioprotectrices et anticancéreuses. Des études réalisées au laboratoire de neurobiologie cellulaire de l’UQTR suggèrent qu’il pourrait protéger aussi le cerveau contre l’oxydation des neurones.

Dans le cadre de son doctorat, Justine Renaud s’intéresse plus précisément au potentiel neuroprotecteur du resvératol en condition d’hypoglycémie. Il est prouvé que les personnes atteintes du diabète ont plus de chances de développer des maladies neurodégénératives telles que le Parkinson et l’Alzheimer.

«Le sucre dans le sang cause des troubles au cerveau des gens diabétiques, ce qui explique qu’elles deviennent parfois aveugles, explique la chercheuse. Avec le resvératol, on est capable de sauver les neurones et de les protéger contre les assauts du sucre dans le sang. D’une autre part, on peut prévenir la hausse du taux de sucre dans le sang et augmenter la sensibilité des gens à l’insuline. La recherche est donc encore plus intéressante, car c’est bon pour le diabète aussi. On fait donc d’une pierre deux coups.»

Au cours de sa recherche, Mme Renaud utilise un modèle d'hyperglycémie chez les souris, qui ont un code génétique à 98% similaire à celui des humains, auxquelles elle administre une diète riche en resvératrol. Elle compte observer une amélioration de l'état du système nerveux des souris hyperglycémiques qui auront été nourries avec du resvératrol.

Pour le moment, les essais cliniques n’ont confirmé que les bienfaits cardiovasculaires du resvératol, mais les chercheurs de l’UQTR et du monde entier cherchent encore à comprendre comment fonctionne la molécule sur les humains.

Le remède au vieillissement?

Comme le resvératol protège les neurones du sucre, il agit comme antioxydant. Cela signifie qu’il préserve le cerveau contre l’oxydation, ou autrement dit contre le vieillissement prématuré.

«Le vin rouge pourrait ralentir le vieillissement, je dis bien pourrait. On essaie de mettre tous les éléments en place pour que ça fonctionne. On n’a pas trouvé l’élixir de la longévité, mais c’est quasiment ça», mentionne Justine Renaud.

Lors d’essais sur différentes espèces animales, les tests ont démontré que le resvératol s’associe aux cellules de pro-longévité. «Des vers qui vivent sept jours ont vécu deux jours de plus. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est très encourageant», précise la chercheuse.

Un traitement préventif

Aux Etats-Unis, le resvératol est disponible en comprimés, mais ce n’est pas le cas au Canada. L’équivalent d’un seul cachet serait de 50 bouteilles de vin rouge.

«C’est le nombre de bouteilles à boire chaque jour pour que le resvératol ait un effet physiologique», stipule l’étudiante au doctorat.

Comme l’alcool a des effets très néfastes sur la santé, elle ne recommande à personne de consommer autant de vin. Ce qu’elle suggère, c’est une consommation petite, mais régulière de vin rouge.

«Il faut prendre des précautions quand on veut se traiter au vin rouge, car l’alcool est nocif surtout au niveau du foie», dit-elle.

En consommant une coupe de vin rouge par jour, comme il est suggéré pour les maladies cardiovasculaires, le resvératol pourrait avoir un effet préventif pour les personnes avec des antécédents de Parkinson, d’Alzheimer ou de diabète. La maladie pourrait être retardée ou ne pas se présenter du tout chez ces gens. En ce qui concerne les gens déjà atteints, le resvératol pourrait aider à la survie des neurones restants, voire même empêcher la dégénérescence.

«En prenant du vin rouge chroniquement, on souhaite stabiliser des maladies ou les prévenir. À la limite, le vin rouge pourrait retarder l’apparition de maladie génétique», conclut Justine Renaud.

 

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