CHRTR: des services déplacés à Sherbrooke
L’annonce de l’éventuel transfert d’une partie des services de laboratoires qui relèvent du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR) vers le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) en a surpris plus d’un, mercredi.
Cette centralisation des activités vers le Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de Sherbrooke a été suggérée par un comité d’experts à l’issue du projet Optilab. Concrètement, c’est la gestion des services de microbiologie et d’hémato-oncologie des Centres de santé et de services sociaux (CSSS) d’Arthabaska et de Drummond qui serait dorénavant effectuée en Estrie, si le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) va de l’avant avec cette recommandation.
«On parle seulement d’échantillons sanguins ou autres qui seraient déplacés pour l’analyse. On ne parle pas de transfert de patients, ni de transfert de services», a précisé Ariane Lareau, attachée de presse du ministre Réjean Hébert.
Il s’agira maintenant de voir comment ce projet sera adapté à la réalité du territoire. À l’étape de l’implantation dans les régions, des rencontres impliquant des représentants du ministère et des Agences de la Mauricie et du Centre-du-Québec et de l’Estrie sont prévues dans les prochains mois. «Si, dans le cadre de cette analyse-là, des problèmes sont soulevés en lien avec les services à la population, le ministère va être à l’écoute c’est certain. On est en mode solution», a indiqué Mme Lareau.
Cette dernière a également spécifié que cette décision a été prise sur une base rationnelle et qu’il ne s’agit pas d’une récompense politique pour les électeurs du comté de Saint-François, que Réjean Hébert représente à l’Assemblée nationale.
Impact dans la région
Le directeur général adjoint de l’Agence de la santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec comprend bien que ses collègues du CSSS de Trois-Rivières, qui n’ont pas souhaité commenter la nouvelle mercredi, aient pu être estomaqués à la suite de cette décision. «C’est clair qu’il y aura un impact sur la dynamique qu’on a ici dans la région. La prétention qu’on a ici à l’Agence, c’est que le travail qu’on a fait dans la région au cours des dix dernières années nous permet de dire avec certitude qu’on est capables de répondre aux exigences du projet Optilab dans la configuration actuelle du territoire», a mentionné Gilles Hudon.
S’il n’y aurait pas d’impact immédiat pour les Mauriciens, la donne pourrait bien changer. «À ce stade-ci, on ne parle pas ni de pertes d’emplois, ni de pertes de médecins spécialistes. Mais étant donné qu’on a doté l’équipe de Trois-Rivières d’un nombre suffisant de médecins pour faire le travail, si on ampute la région de 40% du volume en laboratoire, à moyen-long terme, il pourrait y avoir des impacts sur le recrutement des effectifs médicaux», explique M. Hudon.
Des vagues dans le milieu politique
Pour le Dr Gaétan Barrette, président de la fédération des médecins spécialistes du Québec, il est clair qu’il s’agit d’une décision politique. «Nous avons appuyé une recommandation voulant que les activités de laboratoire soient concentrées à Trois-Rivières avant les Fêtes. Là, on apprend que le ministre a arbitrairement renversé cette décision pour tout concentrer à Sherbrooke. Nous, on trouve que c’est dommageable pour l’organisation des soins dans votre région», a-t-il commenté.
Dans la région, cette nouvelle a provoqué l’ire de la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand. «C’est vraiment inquiétant. C’est une injure au milieu médical trifluvien. Il y a des limites à la partisanerie. Pour Trois-Rivières, ce serait un coup politique en bas de la ceinture», a-t-elle déclaré à TVA Nouvelles.
Son homologue péquiste, Noëlla Champagne, a adopté un ton moins alarmiste. «Il s’agit d’une révision des façons de faire pour optimiser les services. Ne paniquons pas», a-t-elle souligné. La députée de Champlain compte bien être présente à la rencontre réunissant le ministre responsable de la région, Yves-François Blanchet, et les intervenants concernés qui devrait avoir lieu dans les prochains jours pour connaître le fin mot de cette histoire.
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