La FIQ veut mettre sur pied des cliniques de quartier
Selon Régine Laurent, présidente de la FIQ, la mise en place de cliniques de proximité ne nécessiterait pas l’investissement d’argent neuf.
La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) souhaite mettre sur pied des cliniques de proximité, où des infirmières pourraient traiter les problèmes de santé mineurs.
Cette façon de faire permettrait à la fois de désengorger les urgences et de libérer des médecins, qui pourraient se concentrer sur les cas plus sévères, selon la FIQ.
L’organisation syndicale demande toutefois au ministère de la Santé de contribuer financièrement à cette initiative. Sans être en mesure de chiffrer le coût d’implantation de ces cliniques, la présidente de la FIQ, Régine Laurent, croit que Québec n’aurait pas besoin d’investir de l’argent neuf.
«Ce qu’on veut, c’est que le financement soit public, mais ça peut être des structures très légères. C’est juste un déplacement. C’est clair qu’il y aurait moins de monde à l’urgence et dans le syndrome de la porte tournante», a-t-elle spécifié, en marge d'un conseil fédéral qui réunissait 500 délégués à Trois-Rivières.
Mme Laurent affirme d’ailleurs avoir trouvé une oreille attentive auprès du ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, lorsqu’elle lui a présenté le projet.
Gestion locale
Les cliniques seraient gérées directement par les professionnels qui y travaillent, sur le modèle d’entreprises en économie sociale.
«On est capables de gérer tous seuls et fiez-vous que si ce sont des professionnels en soin qui font la gestion, ça va bien aller. Ça sûrement être moins lourd», a ajouté Mme Laurent.
La FIQ propose également la mise en place de «petites maisons pour aînés». Celles-ci feraient en sorte d’éviter que des couples de personnes âgées ne soient séparés en raison d’une différence des niveaux de soins requis. Le modèle d’opération serait le même que pour les cliniques de proximité.
En attente des CSSS
La concrétisation des deux projets de la FIQ repose sur les ordonnances collectives, qui permettent aux infirmières de faire le suivi médical et d’ajuster la médication d’un patient à la place du médecin pour quatre situations cliniques, soit l’hypertension artérielle, le diabète, l’anticoagulothérapie et la dyslipidémie. Le médecin reste toutefois responsable du diagnostic et de la prescription de médicaments.
Or, ces ordonnances devaient être adoptées par les centres de santé et de services sociaux (CSSS), ce qui n’a pas encore été fait. M. Laurent demande donc au ministère de la Santé d’intervenir, sans quoi les projets de la FIQ ne pourront voir le jour.
«Tant que les ordonnances n’ont pas été adoptées, on ne peut pas le faire. Mais il suffirait que le ministère décide qu’il n’a plus besoin d’attendre la permission des CSSS», a-t-elle indiqué.
Appel à la création d’un regroupement syndical
La FIQ a également appelé à la création d’un regroupement des syndicats qui représentent les professionnels de la santé.
«Il faut qu’on travaille tous ensemble pour la santé. Ça n’empêcherait pas pour autant les syndicats de conserver leur identité», a ajouté Mme Laurent.
La Centrale des syndicats du Québec, qui représente également les employés du milieu de la santé, a pour sa part qualifié cet appel à la solidarité de « maraudage déguisé ». Le regroupement a rappelé que la FIQ a récemment coupé les liens avec le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), qui représente également des employés de ce milieu.
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