Le personnel de la santé à bout de souffle
De gauche à droite: Claire Montour, présidente de la FSQ-CSQ, et Andrée Guillemette, présidente du SIIIACQ-CSQ.
De nouvelles compressions en santé auraient des effets désastreux tant sur le personnel que sur les patients, a prévenu mardi matin le Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires du Cœur-du-Québec (SIIIACQ-CSQ).
Alors que de nouvelles compressions budgétaires dans plusieurs ministères sont envisagées par le gouvernement du Québec, le syndicat affirme que son personnel est déjà à bout de souffle.
«Le personnel est à bout. Les gens veulent donner beaucoup, mais ils ne sont plus satisfaits dans leur travail parce qu’il y a des soins qui ne sont pas donnés et que le temps n’est pas là», a indiqué Claire Montour, présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ).
Cet épuisement se traduit par une hausse du nombre d’heures d’assurance salaire, des arrêts de travail en cas de maladie ou d’invalidité, utilisées par le personnel. Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, ces heures représentaient 6% de celles travaillées en 2012-2013. Le ministère évalue par ailleurs à 389,6 M$ le coût de ces heures «perdues». Selon Mme Montour, les deux tiers de ces arrêts de travail arrivent pour des raisons de santé mentale.
La Mauricie se situe dans la moyenne provinciale. Les trois centres de santé où le ratio d’heures d’assurance salaire est le plus élevé sont ceux de La Tuque, Shawinigan et Maskinongé.
Des professions en danger?
Le Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières accueillait le 3 juin 60 futures infirmières, dont 20 étudiantes ayant terminé leur deuxième année d’étude. Or, si l’on se fie aux statistiques de la FSQ-CSQ, douze d’entre elles abandonneront leur profession au cours de leurs cinq premières années de pratique. Si elle accueille positivement l’arrivée de nouvelles recrues, Andrée Guillemette rappelle qu’il faut améliorer leurs conditions de travail pour les garder à Trois-Rivières et dans le réseau de la santé.
«On peut se réjouir de leur arrivée, mais il faut les garder. Il faut corriger les conditions de travail et revoir comment le personnel peut arriver à donner les soins. Sinon, elles vont partir ailleurs, puisqu’il y a d’autres endroits où les offres sont alléchantes», a-t-elle souligné.
Des impacts sur les patients
Les employés du réseau de la santé ne seront pas les seuls affectés par une éventuelle compression du budget de la santé. Selon Mme Guillemette, les patients en feront également les frais.
«Le fait de donner un minimum de soins pourrait entraîner des problèmes d’infection. Par exemple, si on n’a plus le temps de changer les couches régulièrement dans les CHSLD», a-t-elle prévenu.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les boissons chaudes augmenteraient le risque de cancer de l'œsophage
La consommation régulière de boissons extrêmement chaudes, comme du thé ou du café, pourrait tripler le risque de cancer de l'œsophage, prévient une nouvelle étude britannique. Le risque concerne plus spécifiquement la forme la plus courante de cancer de l'œsophage, le carcinome épidermoïde de l'œsophage. «Des études asiatiques ont ...
LIRE LA SUITE
72 % des Québécois appuient une loi sur la qualité de l'air
Une majorité de Québécois se disent préoccupés par la qualité de l’air et appuient l’adoption d’une loi qui établirait une stratégie québécoise sur la qualité de l’air, selon un sondage d'opinion mené par la firme Léger pour le compte de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME). Le coup de sonde ...
LIRE LA SUITE
Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer
La pratique d'une activité physique structurée chez les patients atteints d'un cancer est associée à une amélioration de la survie et à une réduction du risque de récidive, allant donc bien au-delà des soins de soutien et des traitements symptomatiques, rapporte une nouvelle méta-analyse taïwanaise. Ces résultats s'inscrivent dans le ...
LIRE LA SUITE