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L’Association dentaire canadienne

Les dentistes proposent des solutions pour améliorer le régime de soins dentaires

Les dentistes proposent des solutions pour améliorer le régime de soins dentaires
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Le Régime canadien de soins dentaires a «transformé l’accès aux soins pour des millions de patients», mais des demandes de remboursement sont rejetées sans explication et trop de personnes ne savent pas exactement ce qui est couvert.

C'est ce que conclut l'Association dentaire canadienne dans un nouveau rapport, qu'elle a commandé afin d'évaluer les progrès du régime de soins dentaires et de formuler des suggestions à l'intention du gouvernement fédéral pour l'améliorer.

Selon le président de l’Association dentaire canadienne, le Dr Kirk Preston, le régime actuel est «solide» et «repose sur de bonnes bases», mais «une amélioration continue est essentielle si l’on veut qu'il atteigne un jour son plein potentiel».

Ce programme, lancé en 2022, a été créé dans le cadre de l’accord de soutien et de confiance conclu entre le NPD et le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau.

La première phase offrait une couverture aux personnes âgées. Le programme a ensuite été étendu aux adultes en situation de handicap et aux enfants.

Le dernier élargissement, annoncé juste avant les élections fédérales de 2025, a rendu admissibles tous les adultes dont le revenu du foyer est inférieur à 90 000 $ et qui ne disposent pas d’une assurance privée.

Cette mesure a été présentée comme la plus grande extension du système de santé public depuis des décennies, avec environ neuf millions de personnes admissibles. À ce jour, environ 6,5 millions de personnes se sont inscrites au programme.

Confusion

En public, certains politiciens ont parlé de «soins dentaires gratuits» en évoquant ce programme, ce qui a engendré de la confusion.

«La semaine dernière encore, un patient est venu me voir et m’a dit: "Je pensais que c’était gratuit"», a témoigné le Dr Preston.

Le programme offre différents niveaux de prise en charge en fonction des revenus. Les personnes qui entrent dans la tranche de revenus la plus élevée doivent payer 60 % des coûts.

La couverture repose également sur des tarifs forfaitaires qui, selon l’Association dentaire canadienne, sont souvent inférieurs au coût réel des traitements.

De nombreux patients se retrouvent ainsi confrontés à des factures inattendues, peut-on lire dans le rapport.

Selon la cheffe de la direction de l'Association canadienne des hygiénistes dentaires, Ondina Love, la confusion quant à ce que couvre le programme alourdit la charge administrative des cabinets.

«Nous recommandons de renforcer la sensibilisation du public et de communiquer clairement sur ce qui est pris en charge», a-t-elle affirmé en entrevue.

Frustration

Le Dr Preston, pour sa part, a indiqué que les principales préoccupations des dentistes concernent l’autorisation préalable.

Les cabinets doivent soumettre à l’avance les plans de traitement pour des soins, tels que les traitements de canal, les services de spécialistes ou les soins dépassant la couverture habituelle du régime d’assurance dentaire. L’assureur, Sun Life, détermine ensuite si les soins seront pris en charge.

Le rapport nous apprend que ces demandes sont rejetées dans la moitié des cas.

«C’est frustrant pour les dentistes et les patients. Dans la plupart des cas, aucune explication claire n’est fournie quant aux raisons pour lesquelles les demandes de remboursement ne sont pas approuvées», a soutenu le Dr Preston.

Le rapport indique que ces refus peuvent entraîner l’aggravation d’une affection pourtant gérable, contraignant les patients à recourir à des soins plus invasifs et plus coûteux.

«Ce n’est pas cohérent et je ne comprends pas quels sont leurs critères pour approuver ou refuser un traitement», a déploré le Dr Preston.

Le rapport préconise une meilleure formation des professionnels de la santé, davantage de transparence et des critères cliniques clairs pour les autorisations préalables.

Il recommande aussi une augmentation des honoraires cohérente avec la hausse des coûts pour les cliniques dentaires, ainsi qu’une meilleure planification des effectifs pour remédier à la pénurie d’hygiénistes et d’assistants dentaires.

Patients satisfaits dans l'ensemble

Le rapport souligne que les patients, en particulier les personnes âgées, ont signalé des difficultés à renouveler leur demande de prise en charge chaque année. Les critères de revenus peuvent faire en sorte que des patients qui bénéficiaient de soins une année puissent en être privés l’année suivante.

Dans l’ensemble, les patients se disent très satisfaits du programme. Le rapport inclut des sondages menés auprès des patients et des dentistes, commandés par l’Association dentaire canadienne et réalisés par Abacus Data.

Plus de la moitié des patients interrogés ont rapporté avoir pu dégager des économies qu'ils ont pu consacrer à leur épicerie ou à d’autres dépenses courantes.

«Il s’agit d’une réalisation remarquable pour un programme d’une telle envergure et d’une telle ambition», peut-on lire dans le rapport.

Il convient également de noter l’adhésion des dentistes eux-mêmes.

Au début de 2024, près de 70 % des dentistes avaient informé l’Association dentaire canadienne qu’ils s’opposaient au programme.

Au cours des premières phases, les prestataires devaient donner leur accord pour participer, mais l’adhésion était si lente que le gouvernement a supprimé cette obligation.

Le nouveau rapport indique que plus de 90 % des dentistes participent au programme et que 70 % y sont favorables.

L’Association dentaire canadienne recommande au gouvernement fédéral de commander une évaluation indépendante de l’efficacité du programme et de s’en servir pour déterminer s’il atteint les patients visés.

Sarah Ritchie, La Presse Canadienne

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